
CDO
Les Collateralised Debt Obligations sont une des multiples déclinaisons possibles de produits dérivés, c'est-à-dire de titres dont la valeur est fonction de l'évolution du cours d'un autre titre financier (d'où le terme «collatéral»). En l'occurrence, le titre est un agrégat d'une centaine (voire davantage) d' obligationset de créances(prêts bancaires) et même parfois d' actionsnon cotées commercialisé par des organismes financiers spécialisés auprès de banques ou d'organismes gérant de l'épargne et désireux d'augmenter la rentabilité de leurs placements en acquérant des titres de dettes émis à des taux d'intérêt plus élevés parce que plus risqués. Commentaire: L'origine de ces «véhicules» provient de banques désireuses de «liquider» une partie des prêts qu'elles avaient consenties. Ils permettent en effet de rendre liquides des actifs qui, normalement, le sont peu (obligations non cotées par exemple) ou pas (créances bancaires), ce qui permet aux banques de se refinancer et de transférer le risque inhérent aux composants de ce «véhicule» à des tiers. La composition de chaque CDO (dont l'acquéreur peut ignorer le contenu, surtout s'il est composé lui-même pour une part de CDO) vise théoriquement à réduire les risques pris par le gestionnaire, puisqu'il serait bien étonnant que tous les titres collatéraux sur lesquels le CDO est basé perdent de la valeur en même temps. Toutefois, au sein des CDO, certains sont plus risqués que d'autres, lorsque la composition du CDO fait place à une «tranche» de titres dont le prix est plus volatil (actions notamment: on parle alors de tranches equity). Lors de la crise des subprime, il s'est révélé que beaucoup de CDO incluaient des créances à risque de ce type, ce qui a provoqué une suspicion forte sur tous les CDO, devenus des titres «toxiques», car à la valeur susceptible de s'effondrer du jour au lendemain. De ce fait, les CDO ont été l'un des vecteurs essentiels de la crise, la propageant du marché de l'immobilier vers les organismes de gestion de fonds, puis vers les banques.
Date de mise à jour : 22/01/2010
A lire également: Jacques Adda, «La crise d'un paradigme», hors-série n°6 d'Alternatives Internationales, décembre2008. - cliquez ici. Sandra Moatti, «La machine à dettes», Alternatives Economiques n°274, novembre2008. - cliquez ici.
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