
CEE (Communauté économique européenne)
Premier nom de la construction institutionnelle créée par le traité de Rome (complété depuis par d'autres traités: Maastricht, Nice, Lisbonne) organisant notamment une Union douanièreassortie de politiques communes entre les six pays signataires (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas), devenus neuf (en 1972, avec l'entrée du Danemark, de l'Irlande et du Royaume-Uni), puis douze (en 1985, avec l'entrée de l'Espagne, de la Grèce - entrée en 1981 - et du Portugal), puis quinze (en 1994, avec l'entrée de la Suède, de l'Autriche et de la Finlande), puis vingt-cinq (en 2004, avec l'adhésion de Chypre, de l'Estonie, de la Hongrie, de la Lettonie, de la Lituanie, de Malte, de la Pologne, de la République tchèque, de la Slovaquie et de la Slovénie) et enfin à vingt-sept (2007, avec l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie). Ce nom a été abandonné en 1965, lors de la fusion des trois institutions qu'étaient respectivement la Communauté économique du Charbon et de l'acier(CECA), la Communauté européenne de l'atome (Euratom) et la CEE: le nouvel organisme s'est appelé Communautés européennes (au pluriel), mais l'habitude a été conservée de dire CEE, tant le volet économique l'emportait en importance sur les autres. Enfin, avec la ratification du traité de Maastricht(en 1993), l'extension des domaines de compétence des institutions européennes a provoqué un dernier changement de nom: les Communautés européennes sont devenues l'Union européenne. Commentaire: Ces changements de nom successifs reflètent largement la transformation du projet initial: le traité de Rome(1957) instaurait une union douanière, c'est-à-dire visait une libre circulation des marchandises au sein des pays adhérents, assortie d'un tarif douanier commun vis-à-vis des pays non membres. Accessoirement, il prévoyait des règles particulières pour l'agriculture, secteur qu'il semblait important de protéger de la concurrence mondiale. La CEE a réussi au-delà de tous les espoirs, au point de devenir, durant les années1960, la zone économique la plus dynamique du monde, Japon excepté. D'où les élargissements successifs qui traduisent l'attractivité de cette zone. Mais ces élargissements contribuent en même temps à obérer l'homogénéité de la Communauté: entre les six pays initiaux, l'écart de production par tête était de l'ordre de 1 à 1,2. Entre les Vingt-Sept, il est désormais de l'ordre de 1 à 8. La transformation en Union européenne marque le désir d'une partie au moins des pays membres de passer d'une zone économique à une fédération politique, c'est-à-dire de franchir un pas décisif, l'intégration politique accompagnant désormais l'intégration économique. Mais toute la difficulté est de parvenir à un compromis entre des pays qui n'ont pas les mêmes conceptions sur les abandons de souveraineté que devrait entraîner cette intégration. Faute de projet politique, l'Union se rabat sur les questions de fonctionnement de marché, comme la politique de concurrence, qui absorbe désormais l'essentiel des énergies de la Commission européenne.
Date de mise à jour : 22/01/2010
A lire également: Paul Magnette, «La relance de l'Union prendra une génération», Alternatives Internationales n°32, septembre2006. - cliquez ici. Tania Sollogoub, «L'Union à 27», Alternatives Economiques n°254, janvier2007. - cliquez ici. Arnaud Lechevalier, «Les éléments du débat», Alternatives Economiques n°236, mai2005. - cliquez ici. Claude Demma, «Pourquoi l'Europe est-elle en panne?», hors-série n°72 d'Alternatives Economiques, février2007. - cliquez ici.
|