
Loi d'airain des salaires
Terme attribué à Marx (mais en réalité introduit par un de ses disciples et commentateurs, Ferdinand Lassalle, qui vulgarisa le marxisme en Allemagne à la fin du XIXesiècle) et désignant le fait que, au sein du système capitaliste, le salaire est inévitablement comprimé à un niveau proche du minimum vital et que, de ce fait, la part des salaires dans la valeur ajoutée tend inexorablement à se réduire dans un système capitaliste. Commentaire: La réalité, on le sait, est fort différente de cette assertion: le capitalisme n'a jamais fait preuve d'autant de dynamisme que lorsque le niveau des salaires a eu tendance à s'élever au même rythme que les gains de productivité. Il n'y a donc nulle fatalité pour que les salariés reçoivent une part sans cesse décroissante de la richesse qu'ils produisent. Si Marx n'a jamais prétendu qu'il en soit ainsi –puisque, au contraire, il faisait dépendre la rémunération de la force de travail d'éléments historiques et culturels–, son analyse pouvait prêter à ce genre d'interprétation. D'autant que les fondateurs de l'analyse économique classique, Adam Smith, David Ricardo et Thomas Robert Malthus ont, à la fin du XVIIIeou au début du XIXesiècle, soutenu cette thèse eux aussi. Mais, à la différence des classiques, la tradition marxiste de la loi d'airain fonde cette dernière non sur une logique naturelle, mais sur l'existence de rapports de force défavorables à la classe ouvrière.
Date de mise à jour : 22/01/2010
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