
Loi de population
Formulée par Malthus à la fin du XVIIIesiècle, cette «loi» (que Malthus avait appelée «principe de population») affirme la tendance inéluctable d'une population (humaine ou animale) à croître plus vite que les ressources qui lui sont nécessaires pour vivre. La population humaine, selon Malthus, tend à croître à allure géométrique (si elle double tous les vingt ans, par exemple, elle va passer de 1 à 2 en vingt ans, puis de 2 à 4 au cours des vingt années suivantes, puis de 4 à 8 au cours des vingt années suivantes, etc.), tandis que les ressources agricoles tendent à croître à allure arithmétique (au cours de chaque période, l'augmentation est toujours la même en valeur absolue: les vingt premières années, la production passera de 1 à 2, puis de 2 à 3 au cours des vingt années suivantes, etc.). L'écart entre les deux courbes ne peut donc se réduire que par une mortalité accrue des hommes ou par «restriction volontaire», c'est-à-dire mariage tardif, voire absence de mariage pour les plus pauvres, estimait Malthus. Commentaire: La vision pessimiste d'un Malthus voyant l'humanité perpétuellement menacée par une insuffisance de ressources a été démentie jusqu'ici par la croissance des ressources agricoles et la maîtrise de la fécondité. S'il y a malnutrition pour un grand nombre de personnes dans le monde (au moins 800millions), c'est davantage à cause leur pauvreté ou de la guerre que d'une insuffisance de capacités productives. Rares sont les cas où l'on peut parler effectivement de surpopulation par rapport aux ressources existantes ou potentielles. Toutefois, il est fort probable que le modèle de production dominant en agriculture (basé sur une importante consommation d'eau et d'importants apports d'engrais et de produits phytosanitaires) est tout sauf durable. Il n'est donc pas impossible que les prévisions «malthusiennes» retrouvent une actualité brûlante, imposant, pour que l'humanité puisse se nourrir, une limitation forte à la surconsommation de viande et de poissons qui constituent une forme de gaspillage d'une ressource qu'il faudra ménager.
Date de mise à jour : 22/01/2010
A lire également: Une analyse de l'«Essai sur le principe de population de Thomas-Robert Malthus», Alternatives Economiques Pratique n°21, novembre2005. - cliquez ici.
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