Les mercantilistes –Colbert, Forbonnais...– ont tous été des conseillers du Prince. Aussi, réfléchissent-ils à ce qui favorise la puissance de ce dernier. Comme le commerce extérieur repose alors sur la capacité à payer en or, détenir des avoirs monétaires en métal précieux est une façon de se passer des banquiers, de l'impôt et de mener à sa guise une politique indépendante. On a beaucoup reproché aux mercantilistes d'avoir confondu la richesse et l'or, d'avoir été victimes d'une illusion monétaire: la monnaie (fut-elle d'or) n'est qu'un moyen de se procurer de la richesse, cette dernière étant concrétisée par la production. Il n'est pas sûr que la critique soit fondée: les mercantilistes n'ont rien à voir avec l'Avare de Molière, comptant et recomptant les écus de sa cassette. L'or n'est, pour eux aussi, qu'un moyen visant à assurer la puissance du souverain.
A lire également:
Christian Chavagneux, «Les mercantilistes: l'Etat au coeur du développement», hors-série n°73 d'Alternatives économiques, avril2007. - cliquez ici.