Santé & Travail n° 063 - juillet 2008
couverture
Quand le travail malmène les femmes
— juillet 2008 —

TMS: de l'utilité de la déclaration en maladie professionnelle

Avertie par un camarade du CHSCT, j'ai pris connaissance du numéro de votre revue traitant des troubles musculo-squelettiques (Santé & Travail n° 63, avril 2008). Sensible à l'intérêt que j'ai ressenti pour le sort des victimes de TMS, je me permets de vous transmettre mon témoignage.
J'ai dépassé la cinquantaine et je travaille depuis près de trente ans dans l'industrie de la chaussure, dans l'Est de la France. J'ai occupé d'abord un poste à la découpe puis, au bout de plusieurs années, lors d'une réorganisation de l'usine, un poste au conditionnement/emballage. Sur ces deux postes, je devais produire des efforts pour réaliser des mouvements forcés de l'épaule. A la découpe, le réglage des machines imposait des mouvements répétés. De même à l'emballage, la manipulation des bacs puis des cartons contenant les chaussures exigeait des mouvements répétitifs.
A partir de la fin de 2004, je me suis retrouvée en arrêt de travail à plusieurs reprises suite à des douleurs dans les deux épaules. Ces douleurs provenaient d'une tendinopathie de la coiffe des rotateurs. Avec l'aide de la Fnath, Association des accidentés de la vie, j'ai demandé la reconnaissance de l'origine professionnelle de ces douleurs. La caisse primaire d'assurance maladie (Cpam) s'y est opposée et la Fnath a dû batailler ferme jusqu'au tribunal des affaires de Sécurité sociale (Tass) pour que j'obtienne gain de cause. Cela a pris plus de trois mois et demi de démarches et d'expertises où j'ai dû démontrer que mon activité professionnelle mettait bien en jeu mes deux épaules.
Si le montant de l'indemnisation que j'espère obtenir sera loin de couvrir la réalité de mon handicap (la Cpam a fait appel de la décision du Tass), la reconnaissance de la maladie professionnelle m'a procuré un minimum de protection vis-à-vis du licenciement. Cela a joué sur mon maintien dans l'entreprise et mon reclassement. Mon médecin traitant a obtenu que je bénéficie d'un mi-temps thérapeutique. Après discussion avec la direction, j'ai repris le travail fin 2005, sur un poste adapté, sans découpe ni emballage. Les douleurs n'ont pas totalement disparu, mais au moins j'arrive à assurer ces nouvelles activités.
Bernadette Vergnes

Les profits derrière les TMS

Votre dossier d'avril 2008 sur les troubles musculo-squelettiques, au demeurant très intéressant, ne va pas assez loin dans la dénonciation des véritables causes de cette épidémie. C'est notre système de production qui est en cause, et même notre système économique! On traite les hommes et les femmes comme des machines jetables. Les entreprises suppriment les pauses, rognent sur les espaces de travail, augmentent les cadences, imposent des gestes répétitifs, des postures pénibles, des charges lourdes… Et pourquoi? Pour augmenter les marges financières et les profits. Il faut soi-disant réhabiliter le travail, mais derrière ce discours se cache la vraie valeur de notre société: l'argent! Pour prévenir les TMS, il faut changer d'échelle!
Florence, déléguée syndicale



Santé & Travail n° 063 - juillet 2008
 Commenter cet article
J'ai déjà un compte, je m'identifie :

Mot de passe oublié?

Je n'ai pas de compte, je m'inscris :

Votre email :
Les trois derniers numéros



Votre email :

Je m'abonne et je commande



Agenda
> Voir toutes les annonces

Offres d’emploi
    > Voir toutes les offres

    <a href="page.php?rub=99"><img src="pics/fr/mes-achats.gif" alt="Mes achats">

    Santé & Travail : Contacts | Qui sommes-nous ? | Informations légales | Signaler un contenu illicite
    Abonnements : 12 rue du Cap Vert 21800 Quetigny - Tel 03 80 48 10 25 - Fax 03 80 48 10 34 - abonnements@sante-et-travail.fr
    Rédaction - Santé & Travail : Service information de la Mutualité française - 255, rue de Vaugirard - 75719 Paris Cedex 15
    01 40 43 33 70 - contact@sante-et-travail.fr
    Santé et Travail/Accueil