Les accidentés du travail à Paris, à la Belle Epoque

par Isabelle Lespinet-Moret maître de conférences en histoire à l'université Paris Ouest Nanterre / juillet 2012

En 1898 était adoptée la loi instaurant l'indemnisation des accidentés du travail. Mais qui étaient alors ces derniers, à quels risques avaient-ils été exposés ? Une plongée dans les archives d'hôpitaux parisiens livre quelques réponses.

Barbier Augustine, 15 ans, apprentie couturière, gare de l'Est, plaie à l'oeil. Bertrand Edouard, 30 ans, porteur Halles, insolation, trouvé sur la voie publique. Desforges Louis, 55 ans, maçon, contusion thoracique. Leroy Jean, 42 ans, employé de chemin de fer, jambe broyée. Désiré Trézaure, 33 ans, camionneur, fracture de la rotule... " Tous sont des Parisiens ou des proches banlieusards travaillant à Paris. Extraite du registre des entrées à l'hôpital Tenon daté de 1900, la liste est éloquente : tous ont été victimes d'un accident du travail. Un collègue de travail, une ambulance ou un agent de police les a amenés dans cet établissement du 20e arrondissement pour qu'ils y soient soignés, bien sûr, mais aussi, pour certains de ces blessés, afin que soit établi un certificat médical hos...}}

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