Algérie: les jeunes toujours en difficulté
Alternatives Economiques n° 293 - juillet 2010
Avec un taux de chômage passé de presque 30% en 2000 à 11% en 2008, l'Algérie serait-elle en train de rejoindre le camp des pays émergents? Pas si simple, avance Nora Alleki (1), qui montre l'ampleur des difficultés que rencontre toujours la jeunesse du pays. Les moins de 35 ans représentent 30% de la population active, mais 88% des chômeurs. Car 500 000 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail. En particulier, 100 000 diplômés de l'enseignement supérieur viennent chaque année grossir les rangs des chômeurs. Et ceux qui parviennent à décrocher un emploi doivent, dans neuf cas sur dix, accepter un déclassement. Pour ces jeunes diplômés, l'émigration est perçue comme la seule solution. A défaut, ils recourent à l'emploi informel, qui progresserait de 8% par an et concernerait d'ores et déjà 1,5 million de personnes. Pour remédier à cette situation, l'Etat a mis en place en 2008 un "dispositif d'aide à l'insertion professionnelle", comprenant notamment un "contrat d'insertion des diplômés", d'une durée d'un an et assorti d'une formation, une partie du salaire étant prise en charge par la collectivité. En outre, l'Etat incite à la création de micro-entreprises au moyen d'un régime fiscal avantageux, mais le dispositif souffre d'une bureaucratie excessive. Au final, l'Algérie peine toujours à sortir de la quasi-monoproduction d'hydrocarbures: la rente pétrolière assure des ressources, mais pas le développement.
(1) Voir "La politique pour l'emploi des jeunes: budgets importants mais crise de confiance", Chronique internationale de l'Ires, n° 123, mars 2010.
Alternatives Economiques n° 293 - juillet 2010
Notes
(1) Voir "La politique pour l'emploi des jeunes: budgets importants mais crise de confiance", Chronique internationale de l'Ires, n° 123, mars 2010.
-
Abonnement et réabonnement
-
J'achète un numéro -
Inscription à la newsletter -
Forfait de consultation de 30 articles pendant 48H -
Mon espace personnel
















Commenter cet article





