Canicule : les travailleurs aussi !
Catherine Buisso ,, Département Santé-Travail de l'InVS
Santé & Travail n° 059 - juillet 2007
Une enquête sur les conséquences de la vague de chaleur de l'été dernier dans les entreprises montre que les salariés n'ont pas été épargnés. Une occasion de rappeler les dispositions du plan national canicule.
On dispose aujourd'hui d'une première estimation des conséquences de la canicule de l'été 2006 pour le monde du travail. Le système de veille mis en place par l'Institut de veille sanitaire (InVS), complété par une enquête en milieu de travail menée avec l'Inspection médicale du travail, a permis d'enregistrer un certain nombre de décès ou d'incidents de gravité variable liés à la canicule. Les médecins du travail ont signalé 230 problèmes de santé attribués à la canicule, dont 95 symptômes d'épuisement et 17 coups de chaleur. 14 décès ont été portés à la connaissance de l'InVS. Cependant, pour trois d'entre eux, le lien direct avec la chaleur ambiante n'a pu être établi. Ces décès concernent pour la plupart des hommes âgés de 33 à 63 ans, travaillant en majorité dans l'intérim ou en contrat journalier, dans le BTP et des entreprises de déménagement. Il est important de noter que, sur les 230 événements signalés, seuls 67 ont été déclarés en accident du travail, dont seulement quatre déclarations rapportées pour les personnes décédées. Bien que cette enquête ne reflète pas l'exhaustivité des événements de santé en rapport avec la canicule sur les lieux de travail en 2006, elle permet de tirer un certain nombre d'enseignements.
Mesures préventives. Tout d'abord, il convient de rappeler qu'à la suite de la vague de chaleur sans précédent de l'été 2003, qui fit environ 15 000 morts en France, un plan national canicule (PNC) est entré en vigueur dès 2004. Ce plan prévoit trois niveaux d'alerte, définis par l'InVS. Le niveau 1, correspondant à une situation de veille saisonnière, est systématiquement activé du 1er juin au 31 août. Un niveau 2, dit "de mise en garde et actions", est déclenché lorsque Météo France prévoit un dépassement de seuils de température. Enfin, le niveau 3, dit "de mobilisation maximale", correspond à une situation exceptionnelle. Bien évidemment, le PNC s'applique en milieu de travail.
Dès l'activation du PNC, la vigilance en période estivale doit être accrue sur les lieux de travail, en particulier lors de travaux physiques exécutés en extérieur et pour les travailleurs les moins expérimentés, tels les intérimaires. Il est, par exemple, utile de rappeler aux salariés et aux employeurs certaines mesures préventives de bon sens (1): des pauses, de l'eau fraîche à disposition, des embauches plus matinales, etc.
Enfin, en complément des mesures préventives, il n'est pas inutile de rappeler non plus aux employeurs que tout malaise, accident cardiaque ou autre survenu sur les lieux de travail, même s'il s'agit d'une aggravation soudaine d'un état préexistant, doit être déclaré en accident du travail. Cela permettrait notamment d'estimer l'ampleur des problèmes et de mieux repérer les secteurs et professions à risque.
En 2007, le PNC met l'accent sur un renforcement de recommandations dans certaines populations, dont les travailleurs. Car si l'on peut penser que le plan canicule a limité les effets de la vague de chaleur de l'été 2006 sur les personnes âgées, rien ne permet d'affirmer que le milieu de travail en a bénéficié.
(1) . Voir à ce sujet le dossier canicule élaboré par l'Institut national de recherche et de sécurité, consultable sur son site Internet: www.inrs.fr/dossiers/forteschaleurs.html.
Catherine Buisso ,, Département Santé-Travail de l'InVS
Santé & Travail n° 059 - juillet 2007
Notes
(1) . Voir à ce sujet le dossier canicule élaboré par l'Institut national de recherche et de sécurité, consultable sur son site Internet: www.inrs.fr/dossiers/forteschaleurs.html.
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