Dossier Repères pour la prévention

Conception des produits


François Desriaux
Dossier Web n° 067 - juin 2008

La forme, le poids, le volume, la texture, l'odeur, etc., des produits fabriqués en série constituent un ensemble de paramètres qui ont un effet direct sur la facilité de leur préhension, de leur manipulation et de leur transport. Les enquêtes épidémiologiques attirent notre attention sur la présence plus importante de TMS dans certaines entreprises manufacturières: fabrication et montage de sous-ensembles destinés à l'automobile, l'électroménager, la confection, la chaussure, le matériel électrique, l'agroalimentaire… Il est très rare que la conception des produits tienne compte des conditions de leur réalisation, de leur montage ou encore de leur transport.

Ce qu'il faut savoir
La simplification des caractéristiques d'un produit n'équivaut pas obligatoirement à la simplification de sa fabrication ou de son montage

Cette question est bien connue dans l'automobile, par exemple, où des modes de liaison peuvent être simplifiés: passage d'un vissage à un rivetage ou à un clipsage. Pour les salariés chargés de réaliser cette opération, la simplification de la pièce à monter n'équivaut pas à une réduction de difficulté. Parfois, c'est tout le contraire.

Le poids d'un produit n'est jamais le seul critère de difficulté

Le poids du produit est souvent énoncé comme une caractéristique principale; c'est souvent vrai, mais d'autres paramètres peuvent intervenir:

- le volume ou la surface, qui, parfois, peut situer le centre de gravité de la pièce très loin du centre de gravité du corps… C'est le cas des tapis et des capots de voitures…

- la forme, qui peut présenter plus ou moins de facilité à la saisie manuelle;

- la matière, la texture ou le recouvrement par un produit, qui peut rendre la saisie difficile.

La transformation même partielle d'un produit peut remettre en cause un mode opératoire et le savoir faire antérieur

Les concepteurs minimisent, en général, l'effet d'une transformation partielle d'un produit. Pourtant, l'expérience nous enseigne que même une modification minime (forme, matière…) peut conduire le salarié à changer son mode opératoire dans un sens qu'il est souvent le seul à pouvoir apprécier.

Une pièce dite "conforme" peut présenter des difficultés non perceptibles

Les productions de grandes séries exigent que les produits assemblés soient standard, conformes, stables, etc. Toutefois, malgré ces exigences visant à les rendre compatibles et acceptables du point de vue de la qualité, ils peuvent exiger des efforts de montage ou d'assemblage très variés. Ainsi, une simple bavure, une déformation, un point de choc ou un changement de matière sont des détails qui peuvent accroître la difficulté du geste.

La conception des produits fabriqués doit intégrer aussi les questions de conditionnement

Dans ce chapitre, il est important également de réfléchir à la conception des conditionnements (caisses, cartons, conteneurs…). Ces ensembles font aussi l'objet de manipulation et de manutention. Ils exigent quelquefois des postures contraignantes et, pour certains postes d'emballage, une répétitivité demême nature que celle occasionnée par les opérations de montage ou d'assemblage.

Comment agir
Les produits animaliers sont moins stables que les produits techniques, les questions de préhension et de transport sont plus complexes

L'agroalimentaire, les abattoirs sont des secteurs où l'apparition de TMS est forte. Hormis les conditions de la production proches ou équivalentes à celles des industries de l'automobile, le produit est ici moins stable, moins rigide, souvent très froid. Ainsi, la manipulation de la viande est le parfait exemple d'une situation où les caractéristiques du produit sont très importantes à étudier.

-Chaque évolution d'un produit doit constituer une opportunité pour que l'entreprise passe en revue les caractéristiques de son montage, de son assemblage ou encore de son conditionnement, dans le but de réduire les difficultés opératoires;

- le changement de la conception des produits doit inciter le CHSCT à être en contact avec les divers "bureaux d'études" en charge de celui-ci. Souvent, les informations sur les difficultés rencontrées ne "remontent" pas jusqu'à eux;

- pour résoudre les problèmes relatifs aux caractéristiques des produits, les équipes projet doivent intégrer des compétences en ergonomie. A défaut, les équipes doivent au minimum être à l'écoute des plaintes ou des difficultés rencontrées par les salariés de la production, et ce dès le démarrage de la fabrication.


François Desriaux
Dossier Web n° 067 - juin 2008
 Commenter cet article
J'ai déjà un compte, je m'identifie :

Mot de passe oublié?

Je n'ai pas de compte, je m'inscris :

Votre email :
Les trois derniers numéros



Votre email :

Je m'abonne et je commande



Agenda
> Voir toutes les annonces

Offres d’emploi
    > Voir toutes les offres

    <a href="page.php?rub=99"><img src="pics/fr/mes-achats.gif" alt="Mes achats">

    Santé & Travail : Contacts | Qui sommes-nous ? | Informations légales | Signaler un contenu illicite
    Abonnements : 12 rue du Cap Vert 21800 Quetigny - Tel 03 80 48 10 25 - Fax 03 80 48 10 34 - abonnements@sante-et-travail.fr
    Rédaction - Santé & Travail : Service information de la Mutualité française - 255, rue de Vaugirard - 75719 Paris Cedex 15
    01 40 43 33 70 - contact@sante-et-travail.fr
    Santé et Travail/Accueil