Courrier des lecteurs - janvier 2009
Santé & Travail n° 065 - janvier 2009
Nous venons de prendre connaissance de l'article paru dans le numéro 64 d'octobre 2008 de votre trimestriel, sous le titre "Les Bluets disent "non" aux usines à bébés", dans le cadre d'un dossier sur la souffrance au travail. (…)
Que les agents hospitaliers soignants et non-soignants (…) soient en souffrance, ne fait pas l'ombre d'un doute,
Que le personnel de la maternité des Bluets n'échappe pas totalement à la souffrance au travail qui devient un phénomène transversal de notre société, nous ne l'ignorons pas (…)
Faire le choix pour illustrer cette souffrance au travail de la maternité des Bluets, stigmatise un établissement qui n'est pas, loin s'en faut, en queue de peloton pour la qualité de ses conditions de travail et de l'accueil des patientes. (…)
Les établissements privés à but non lucratif comme le nôtre n'échappent pas à la tourmente provoquée par le passage à la tarification à l'activité.
Pour autant, loin de baisser les bras, l'association Ambroise Croizat et sa maternité s'appuient sur leur histoire, leurs valeurs fondatrices, l'engagement de son personnel pour continuer d'offrir aux femmes, aux bébés, aux pères, un espace d'humanité et d'accueil de qualité, à l'opposé de toute logique de rentabilité financière.
Le conseil d'administration de l'association a soutenu le mouvement de lutte des salariés et du comité de soutien face à la logique administrative et financière des pouvoirs publics et des autorités de tutelle. Il s'est lui-même impliqué. (…)
L'article fait état d'un plan social qui a été suspendu, et pour cause, il n'en a jamais été question. D'où sortent les 20 emplois menacés? (…) Prendre pour argent comptant, les préconisations d'un cabinet d'audit dont au passage nous vous informons que la direction a modifié et recentré son champ d'investigation, nous paraît discutable. (…)
Aujourd'hui, la situation, si elle n'est pas totalement réglée, s'est améliorée sans qu'il n'ait été procédé à aucun licenciement collectif et dans le respect de la qualité d'accueil des patientes qui reste un objectif majeur et récurrent de notre activité. Certes, la tarification à l'activité, dite T2A, est contraignante, mais en aucun cas, nous n'en faisons une cause pour nous écarter de quelque manière que ce soit de cette qualité qui fait la renommée et l'attractivité de cet établissement.
Michel Carre, directeur de l'hôpital et Daniel Gouttefarde, président de l'association Ambroise Croizat
L'objectif de cet article n'était pas de stigmatiser la maternité des Bluets, mais de montrer comment un changement de logique économique pouvait altérer la qualité du travail et le sentiment de fierté qu'en éprouvent les agents. Vous même reconnaissez que la fameuse T2A a provoqué une "tourmente" et que le personnel de Bluets est en souffrance. Nous vous donnons acte que c'est moins pire aux Bluets qu'ailleurs. Sans doute parce que toutes les composantes de l'établissement sont loin de baisser les bras.
F.D.
Santé & Travail n° 065 - janvier 2009
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