Demandez le programme architectural !
Gérard Bouché, ergonome programmiste.
Santé & Travail n° 068 - octobre 2009
Tout projet d'aménagement d'espaces de travail, qu'il s'agisse de bureaux ou de lignes de production, suppose en amont de sa réalisation une participation active des futurs utilisateurs à la réflexion sur l'organisation du travail et les moyens nécessaires à l'activité. Cette réflexion doit aboutir à une description précise de besoins: nombre de personnes, types d'espaces, surfaces, relations de proximité, conditions de fonctionnement, exigences visuelles, auditives… Ces besoins seront transposés en espaces et fonctionnalités par les concepteurs internes et externes.
Et ils le seront d'autant plus facilement que la commande aura été précise. D'où l'intérêt de formaliser ces besoins dans un cahier des charges destiné aux concepteurs. C'est d'ailleurs ce qui est prévu par la loi sur la maîtrise d'ouvrage, dite loi "MOP", avec le programme architectural. Cette loi ne s'applique qu'aux seuls projets de construction de l'Etat, mais rien n'empêche de s'en inspirer pour toute construction privée.
Définition d'étapes. Le principal intérêt de ce texte réside dans la définition d'étapes pour la construction de projets architecturaux, avec pour chacune d'entre elles un rappel des obligations de chaque acteur: le concepteur ou maître d'oeuvre et le client ou maître d'ouvrage. Ces différentes étapes - études préalables, esquisses, avant-projet sommaire, dossiers de consultation - sont utiles aux concepteurs pour guider le contenu de leurs prestations. En revanche, la loi ne renseigne pas vraiment les utilisateurs sur les phases pendant lesquelles ils peuvent encore modifier le projet.
Elle stipule que les concepteurs ne doivent dessiner que ce que leur client leur commande, la définition des besoins relevant de la maîtrise d'ouvrage. Si une fonctionnalité n'est pas spécifiée dès le départ dans le programme architectural, elle ne sera pas dessinée. L'étape de l'esquisse permet de vérifier la transposition des exigences du programme et de corriger le projet. En revanche, une fonctionnalité non programmée ne pourra pas être intégrée en phase d'avant-projet sommaire. Les acteurs de prévention, dont le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), s'ils souhaitent agir sur des aspects fondamentaux et non gérer la pénurie, doivent donc pouvoir intervenir le plus tôt possible dans le processus de conception, dès la définition des besoins et la phase des études préalables. Il en est de même d'éventuelles analyses ergonomiques. Celles-ci, pour pouvoir orienter le projet, devront être réalisées au plus tôt et traduites en exigences à intégrer au programme.
Article issu du dossier Aménagement des lieux de travail : à la reconquête de l'espace
Gérard Bouché, ergonome programmiste.
Santé & Travail n° 068 - octobre 2009
-
Abonnement et réabonnement
-
J'achète un numéro -
Inscription à la newsletter -
Forfait de consultation de 30 articles pendant 48H -
Mon espace personnel
















Commenter cet article





