Désenclaver les politiques de santé au travail
Emmanuel Henry, enseignant-chercheur en science politique à l'Institut d'études politiques de Strasbourg
Santé & Travail n° 077 - janvier 2012
La prévention et la réparation des risques professionnels pâtissent encore aujourd'hui d'une logique de compromis social héritée du XIXe siècle. Il devient urgent d'en faire une question de santé publique, soumise au débat démocratique.
Si on veut définir de façon brutale et sans fioritures les politiques de santé au travail, on peut affirmer que ce sont des politiques qui, pour permettre la poursuite d'une activité économique, entérinent en même temps qu'elles la réglementent l'exposition de travailleurs à des toxiques ou, plus largement, à des processus industriels mettant leur santé en danger. Cette logique pour le moins contradictoire, inhérente à la gestion des risques professionnels, est présente depuis la mise en place de ces politiques, à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle. Elle est particulièrement visible dans le compromis opéré par la loi de 1898, qui a mis en place le système de réparation des risques professionnels.
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