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Emplois low cost : quelles protections ?

par Stéphane Vincent / juillet 2016

Le vent de la déréglementation n'a pas fini de souffler sur le marché du travail. Des CDI de 60 heures par mois aux CDD d'usage, en passant par les nouveaux statuts de travailleur indépendant, tels que l'autoentrepreneuriat, de plus en plus d'actifs sont aujourd'hui confrontés à des conditions d'emploi précaires. Situées aux marges du salariat classique hérité des Trente Glorieuses, ces nouvelles formes d'emploi prétendent rendre le marché du travail plus flexible et constituer un remède au chômage de masse. Outre qu'elles assurent rarement à ceux qui les occupent un revenu suffisant pour vivre, elles s'affranchissent en général du financement de la protection sociale et rendent inopérants les droits construits au fil du temps pour garantir aux travailleurs la préservation de leur santé et de leur sécurité. Or les métiers concernés riment souvent avec pénibilité du travail et risques professionnels. Quid des effets à long terme en matière de santé pour les actifs concernés, de leur maintien dans leur activité ? Et des coûts induits, que la société devra prendre en charge ? Il devient urgent de se poser ces questions.

Dans la jungle sociale du nettoyage hôtelier

par Clotilde de Gastines / juillet 2016

De plus en plus d'hôtels confient le nettoyage de leurs chambres à des sociétés sous-traitantes. Un marché concurrentiel où les conditions de travail des femmes de chambre servent de variables d'ajustement, sur fond de fraude sociale.

On est en CDI, mais d'un mois à l'autre, on ne sait pas ce qu'on va gagner", raconte Linda. Femme de chambre au Golden Tulip-Villa Massalia, un hôtel 4 étoiles marseillais, elle embauche à 9 heures mais ne sait jamais quand sa journée se terminera. A priori, vers 14 heures, mais quand l'hôtel est plein, comme à Noël, "on doit rester jusqu'à 18 heures, même une fois jusqu'à 19 h 30", dit-elle. Linda et ses collègues évoquent leurs déboires, à deux pas du Vieux Port, dans le local de la Confédération nationale des travailleurs-Solidarité ouvrière (CNT-SO). Elles viennent suivre des cours de français et chercher conseil auprès des permanents de l'organisation syndicale. En avril dernier, elles se sont mises toutes les treize en grève pendant treize jours. Leur employeur, STN, a promis de p...}}

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