Dossier Repères pour la prévention

L'organisation du temps de travail (OTT)


François Desriaux
Dossier Web n° 067 - juin 2008

Les TMS sont directement liés à l'organisation du travail (OTT). D'une part, les facteurs biomécaniques (répétitivité et intensité du travail) sont à mettre en relation avec la durée et les allures de travail et avec la productivité. D'autre part, les facteurs psychiques ou psychosociaux (manque de reconnaissance, stress…) peuvent être aggravés par une réorganisation du temps de travail.

Ce qu'il faut savoir
La réduction du temps de travail ne conduit pas nécessairement à un recul du phénomène TMS

Moins de pénibilité et de meilleures conditions de travail, tels sont les avantages attendus d'une réduction du temps de travail. Toutefois, celle-ci s'accompagne souvent d'une réorganisation des horaires et/ou du contenu du travail susceptible de contrebalancer les effets positifs.

Les variations d'activité peuvent entraîner à certains moments une charge de travail excessive

La production est souvent soumise à la fluctuation de la demande. En période de forte activité, les salariés peuvent se retrouver confrontés à: des journées de travail plus longues; une augmentation du nombre de journées travaillées sur une période donnée; une augmentation de la pénibilité des temps travaillés.

Dès lors, les risques de TMS peuvent atteindre des seuils critiques. Pour prévenir ces risques, la charge de travail horaire doit rester stable. Deux manières d'y parvenirs'offrent à l'entreprise:

  • faire varier son effectif (recours aux CDD, à l'intérim…) en fonction de l'activité;

  • compenser les variations de charge de travail par la flexibilité interne (heures supplémentaires, modulation…).

La densification du travail aggrave les risques de TMS

Par souci de productivité, les temps de pause, mais aussi les temps d'attente ou de déplacements, tendent à être réduits, voire supprimés. Or les pauses régulières ou micropauses sont indispensables à la récupération tissulaire.

L'intensification du travail, préjudiciable à la santé, n'est pas forcément le prix à payer pour la mise en oeuvre de la RTT

La RTT étant perçue par les entreprises comme facteur de perte de productivité,la tendance actuelle est à la retaylorisation. Il faut au contraire évoluer vers des organisations du travail dont la performance repose moins sur la vitesse des mouvements que sur la capacité des individus à faire face à l'événement. L'opérateur doit avoir la place d'innover, de s'adapter, de pouvoir satisfaire aux exigences de qualité sans cesse croissantes.

Toute évolution organisationnelle dégradant le contenu du travail augmente potentiellement les risques de TMS

La mise à plat de l'OTT et du temps de travail doit être l'occasion de responsabiliser les salariés. Plusieurs solutions sont à envisager: déléguer davantage, développer les compétences, mettre en place des collectifs de travail autonomes… Autant de pistes pour développer l'intérêt au travail et la motivation et ainsi favoriser la santé.

L'introduction du travail posté ou d'une annualisation forte à bref délai de prévenance peut contribuer au développement de TMS

L'OTT ne structure pas que le temps passé à l'intérieur de l'entreprise. Elle détermine aussi en partie la vie sociale et familiale des individus. Travailler de nuit ou le week-end, devoir s'adapter à des changements de planning incessants et de dernière minute, tout cela induit une souffrance psychique favorisant les TMS. Il est donc important, en matière de prévention, de rechercher si l'organisation du travail existante convient à chacun des salariés.

Comment agir
Une démarche de prévention des TMS doit faire l'objet d'une négociation pour être intégrée dans toute réorganisation du temps de travail. Elle se décline en plusieurs phases associant les acteurs de la santé:

  • établir un diagnostic en recueillant des indicateurs et en analysant les caractéristiques de la population;

  • examiner les scénarios en fonction de leurs conséquences sur les horaires de travail et leur irrégularité, les gestuelles et les rythmes, les risques d'intensification ou de densification du travail, le contenu du travail, son vécu, ses répercussions sur la vie extraprofessionnelle, etc.;

  • expérimenter et évaluer le changement avant de le généraliser;

  • intégrer, dans tout accord sur l'organisation du temps de travail, la possibilité d'un retour à la situation antérieure.


François Desriaux
Dossier Web n° 067 - juin 2008
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