Le poste de travail
Le poste de travail est un des déterminants essentiels des conditions de travail. Par sa géométrie et son agencement, il conditionne fortement les postures de travail et les gestes nécessaires à l'accomplissement de la tâche (amplitude, force, précision, répétition…). Souvent, l'entreprise y accorde une première importance, car elle possède les techniques et les compétences visant à son amélioration. Ainsi, il est courant qu'elle engage des études visant à réduire les contraintes posturales, à améliorer les accès aux pièces ou aux systèmes de commande, à réduire le port des charges…
Les postes de travail sont souvent conçus en prenant comme référence l'homme moyen (modèle de l'homme jeune, mesurant 1,72 m, droitier et en pleine forme…). Ainsi, il est fréquent d'observer des salariés en difficulté, dès lors qu'ils ont une taille supérieure ou inférieure à cette moyenne, qu'ils sont âgés, qu'ils sont gauchers, etc. Les postes ne sont donc pas toujours adaptés aux caractéristiques de la population concernée. Ce point mérite beaucoup d'attention, car ces difficultés peuvent soit entraîner des efforts supplémentaires favorables aux TMS, par exemple, soit exclure le salarié, y compris de son propre fait lorsqu'il sent qu'il ne peut pas tenir dans les conditions imposées.
L'amélioration du poste de travail vise à réduire les efforts, les contraintes diverses, les mauvaises postures, mais elle conduit souvent à une simplification du cycle de travail. Cette simplification peut avoir des conséquences contraires à l'amélioration: appauvrissement du mode opératoire, accroissement de la répétitivité et de l'intensification, réduction de l'intérêt du travail.
La recherche de gains de productivité conduit souvent à supprimer tel déplacement ou tel geste considéré sans valeur ajoutée. De surcroît, si le déplacement ou le geste en cause comprend un port de charge lourde, le CHSCT risque d'appuyer cette rationalisation…
Le danger de ces mesures, c'est d'enfermer le salarié dans un espace limité à sa machine, son guichet, sa caisse de supermarché, son poste de conduite ou sa console d'ordinateur. Comme quoi, une idée généreuse au départ peut aussi conduire à d'autres contraintes: un isolement pendant toute la durée du temps de travail et une sédentarisation excessive. Le salarié risque donc de ne plus être aidé pour accomplir une tâche difficile.Il restera de longues heures sans parler ou devra se maintenir en position assise trop longtemps.
Attention également à certaines "bonnes raisons" qui peuvent produire les mêmes effets, comme la suppression des binômes dans la réalisation des tâches ou l'accroissement de la durée d'utilisation d'une machine à effectif constant…
Ce point est particulièrement important, car nous avons vu par ailleurs que la dépendance était un facteur favorable à l'apparition des TMS. Il convient d'être attentif à ce qui lie le salarié à tout ou partie du dispositif de travail: le flux des pièces, la disponibilité constante au téléphone, la réception des usagers… Lorsque le salarié ne peut jamais se soustraire ou atténuer, même momentanément, son niveau de dépendance, alors il se trouve fragilisé.
- le poste doit être adapté de façon à être acceptable (et accepté) par l'ensemble des salariés concernés. Ce qui doit se traduire, entre autres, par des moyens de réglage: hauteur des sièges et des tables, orientation et déplacements possibles des appareils, variation des intensités lumineuses…;
- le poste doit proposer des tâches suffisamment diversifiées et attrayantes, afin que le travail échappe à la monotonie, à la répétitivité sans contrepartie quelconque, au manque d'intérêt, au manque de valeur;
- le poste doit être si possible inséré dans un contexte qui assure au salarié un minimum de contacts et d'échanges professionnels et personnels avec ses collègues, sa hiérarchie, éventuellement les usagers;
- l'immobilité et la sédentarité totales au poste de travail peuvent avoir des effets né fas tes sur la santé (circulation veineuse, impression de mal-être…). Une alternance entre une posture statique et une posture dynamique (marche) est souhaitable;
- le poste doit accorder au salarié une autonomie et des marges de manoeuvre minimales, permettant l'initiative, l'anticipation, le retour en arrière en cas d'erreur…















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