Pourquoi la France fait fausse route (introduction au dossier)
Guillaume Duval
Alternatives Economiques n° 310 - février 2012
La dégradation de la note de l'Etat français début janvier a eu jusqu'ici des effets limités sur sa capacité d'emprunt. Et, selon toute vraisemblance, cela devrait rester le cas au cours des prochains mois. Elle a en revanche déclenché un ultime prurit législatif de la part du président de la République qui risque, lui, d'avoir de lourdes conséquences pour l'économie et la société française.
Nous avons désormais 4,8 millions d'inscrits à Pôle emploi, un nombre en forte hausse mois après mois. La désindustrialisation, une tendance déjà ancienne, s'est cependant beaucoup accélérée avec la crise. Les déficits extérieurs continuent de se creuser, année après année, avec des points forts dans notre commerce extérieur de moins en moins nombreux et de plus en plus menacés. Il ne fait aucun doute que l'économie française est dans un état inquiétant et a besoin de profondes réformes structurelles. Mais il s'agit forcément d'une oeuvre de longue haleine, qui n'a de chance de réussir que si elle fait l'objet d'un large consensus au sein de la société française. Les remèdes improvisés dans l'urgence, par un président-candidat voulant faire oublier un bilan qu'il sait mauvais, risquent au contraire d'être pires que le mal.
Tout d'abord, et Standard & Poor's l'a à juste titre souligné, la perte du triple A français comme la récession qui s'étend actuellement en Europe sont dues avant tout à la mauvaise gestion de la crise de la zone euro par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international, a elle aussi tiré la sonnette d'alarme fin janvier en dénonçant l'austérité excessive dans la zone euro.
Or, loin de profiter des dernières semaines de son quinquennat pour corriger le tir en cherchant à organiser une relance coordonnée de l'activité, Nicolas Sarkozy entend au contraire accentuer la politique déflationniste qui plombe l'économie française et l'économie européenne. C'est en particulier le cas avec le projet de TVA dite " sociale ". Les quelques pour cent de baisse du coût du travail qu'elle permettra n'auront bien entendu qu'un effet marginal sur les délocalisations vers la Chine, compte tenu de l'ampleur des écarts dans ce domaine. La hausse de la TVA va en revanche, comme cela avait déjà été le cas en 1995, peser négativement sur une consommation qui est en train de flancher. Aggravant les difficultés de l'économie de la France et de l'Europe.
Quant aux accords dits " compétitivité-emploi ", en facilitant le chantage des dirigeants d'entreprise, ils risquent d'entraîner le pays dans une spirale sans fin de remise en cause des acquis sociaux et de déflation salariale. Non seulement cela va dégrader les conditions de vie et de travail des Français, mais aussi peser négativement sur l'activité économique. La précipitation est toujours mauvaise conseillère : chi va piano va sano…
Article issu du dossier Pourquoi la France fait fausse route
Guillaume Duval
Alternatives Economiques n° 310 - février 2012
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La hausse de tva sera un vrai cadeau aux banquiers qui eux ne l'ont jamais payés, et "subiront" juste la baisse de prélèvements sociaux...
En tant que consommateur je sais que dans le meilleur des cas le prix TTC ne changera pas qu'il soit fortement impacté par la baisse des cotisations sur les salaires ou non.
Ma baguette est à 95cts ou 1€ ; son prix devrait normalement rester stable (d'autant plus que la TVA devrait rester inchangée). Mais impactée ou non par le passage la TVA de 5,5 à 7 l'augmentation a été de 5cts (la pièce de 5cts, voire de 10 est la nouvelle unité commerciale !)...
Et pour les principaux prix de la grande distribution, mon principal fournisseur, les prix sont arrondis à l'Euro moins 5cts. Normalement ils ne devraient pas bouger, sauf que sur une gamme de prix ils se rattraperont sur quelques articles et qu'au fil de l'eau, c'est le packaging qui évoluera pour masquer les augmentations...
Reste mon plombier ou n'importe quel artisan, qui me fait un devis HT et qui répercutera l'augmentation au centime près. Ce qu'il fera de la baisse des charges est encore aujourd'hui obscur, mais au mieux l'aidera à me faire un petit rabais uniquement si son carnet de commande le nécessite.
Quand à faire suivre un plan de relance par un autre plan de relance, c'est un peu bizarre. Un élève m'aurait mis ça dans une copie, je l'aurais mal noté. Un plan de relance aussi vigoureux (excessif ?) que celui de Sarkozy doit normalement être suivi d'une pause. Delors ne dirait pas le contraire (DSK non plus).