Rigueur: le marché du travail espagnol flexibilisé
Alternatives Economiques n° 293 - juillet 2010
Sous la pression des marchés financiers, de Bruxelles et du Fonds monétaire international (FMI), le gouvernement espagnol a adopté le 16 juin dernier un décret-loi réformant la législation du travail. Principale mesure: la baisse des indemnités de licenciement. Jusqu'ici, un salarié en CDI mis à la porte de son entreprise touchait 45 jours de salaire par année d'ancienneté. Ce montant va être abaissé à 33 jours. Le texte instaure également une plus grande flexibilité dans l'organisation du temps de travail au sein des entreprises et ouvre à la concurrence le marché de la recherche d'emploi. En contrepartie, le recours aux CDD sera limité et les contrats de formation seront accessibles jusqu'à 24 ans (contre 21 ans précédemment) pour faciliter l'embauche des jeunes. Cette réforme vise à limiter le fossé qui s'est creusé entre les salariés précaires (soit 30% de la population active) et les salariés en CDI. Mais elle se heurte à une forte opposition syndicale. Dans un contexte où le taux de chômage frôle les 20%, on peut en effet se demander s'il est vraiment prioritaire de baisser le coût des licenciements.
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