RMIstes : tous des fainéants ?


Camille Dorival
La lettre de l'insertion n° 013 - septembre 2009
couverture
Newsletter lettre-insertion.fr septembre 2009
— septembre 2009 —

« Que faudrait-il faire pour vous aider à retrouver un emploi ? » Cette question simple n'est pas souvent posée aux allocataires du revenu minimum d'insertion (RMI). Elle l'a été cependant en 2008 auprès de 3 000 personnes [1], dans le cadre de l'évaluation des expérimentations du revenu de solidarité active (RSA).

Qu'en ressort-il ? Un grand nombre d'allocataires - comme la plupart des économistes - estiment d'abord que, pour leur permettre de retrouver un emploi, il faudrait surtout que le marché du travail fonctionne mieux. Ils évoquent ainsi, comme freins au retour à l'emploi, l'insuffisance du nombre d'offres d'emploi disponibles, les discriminations à l'égard de certaines catégories de population, des employeurs trop exigeants en termes d'expérience et de qualification dans les recrutements… Les conditions de travail et d'emploi proposées sont elles aussi mises en cause : salaires trop faibles, emplois non stables ou trop éloignés du domicile, etc.

Pour autant, les personnes à la recherche d'un emploi se disent dans leur grande majorité prêtes à faire des concessions pour trouver du travail : 87 % accepteraient un emploi dont les qualifications sont moins élevées que les leurs, 61 % seraient peut-être ou certainement prêtes à déménager. Autrement dit, les « RMIstes » sont loin d'être des « profiteurs qui se la coulent douce sans vouloir vraiment travailler », comme a tendance à le soupçonner une partie de l'opinion publique.

Mais des réponses données par les allocataires, il ressort aussi le souhait d'un accompagnement plus important : 26 % des allocataires interrogés le citent spontanément comme un moyen de les aider davantage. C'est là que le bât blesse : car, parmi ceux qui recherchent un emploi, 46 % disent n'avoir eu aucun contact avec une personne chargée de les aider dans leurs démarches dans les cinq mois qui précèdent l'enquête. Et 21 % n'ont eu qu'un ou deux entretiens durant la même période. Une réalité qui montre bien l'insuffisance des moyens humains et financiers accordés à l'accompagnement des allocataires du RMI.

Lorsque l'accompagnement est mis en place, en revanche, sa qualité est généralement reconnue. Une majorité des allocataires accompagnés se déclarent ainsi « tout à fait satisfaits » (34 %) ou « assez satisfaits » (43 %) de leur accompagnement. Néanmoins, 30 % estiment que les informations fournies par leur référent ne sont pas assez personnalisées, et 45 % considèrent que les entretiens qu'ils ont eus ne leur ont pas appris à rédiger un CV. Autant d'éléments qui, souhaitons-le, seront pris en compte dans le cadre de la mise en œuvre du RSA.


Camille Dorival
La lettre de l'insertion n° 013 - septembre 2009
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