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1 jour de maladie sur 4 est travaillé

par Frédéric Lavignette / octobre 2020

Voilà un document de la direction de l’Animation de la recherche, des Etudes et des Statistiques (Dares) au ministère du Travail qui devrait faire parler. Alors que les pouvoirs publics s’alarment périodiquement de l’augmentation des arrêts de travail, le n° 24 de Dares Analyses publié le 5 août, à partir de l’enquête nationale Conditions de travail et risques psychosociaux de 2016, dresse un tableau du « présentéisme » des travailleurs malades. Sur les onze jours de maladie déclarés en moyenne par les 27 000 personnes interrogées, seulement huit ont donné droit à un arrêt. Les salariés disent être allés travailler en étant souffrants les trois jours restants. « Ainsi, plus d’un jour de maladie sur quatre (27 %) s’est traduit par du présentéisme », relève la note, qui précise : « La propension au présentéisme est d’autant plus faible que le nombre total de jours de maladie est élevé, c’est-à-dire que la santé du salarié est mauvaise ou dégradée. » Le présentéisme est légèrement plus élevé pour les femmes que pour les hommes (+3,4 %). Il est aussi plus fort pour les cadres (+4,6 % par rapport aux professions intermédiaires) et pour les salariés de plus de 60 ans (+10,2 % par rapport aux moins de 30 ans). Enfin, on retiendra que les conditions de travail ont une influence forte. « Des mauvaises conditions de travail vont le plus souvent de pair avec une propension au présentéisme plus importante », écrit la Dares. C’est le cas de l’intensité du travail : les salariés cumulant plusieurs contraintes de rythme sont plus enclins à venir travailler malades.

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