En 1924, la première loi d'insertion des handicapés

par Catherine Omnès professeure en histoire (université de Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines) / octobre 2014

Visant les mutilés de guerre, la loi du 26 avril 1924 a été la première à imposer aux entreprises un quota d'emploi de personnes handicapées. Mais les dérogations prévues pénalisent, aujourd'hui encore, l'insertion professionnelle de ces populations.

A l'heure de la commémoration de la Grande Guerre, il est important de souligner combien celle-ci a mis en avant la relation entre santé et travail, non seulement pour prévenir les effets néfastes du travail sur la santé des ouvriers et ouvrières de "l'autre front" (employés des usines d'armement), mais aussi pour remettre en activité les soldats blessés, leur redonner dignité et estime de soi grâce au travail. Repenser les dispositifs de réparation s'imposait, à un moment où l'assistance ne suffisait plus et où la mobilisation de toutes les forces de travail était nécessaire dans un pays saigné par le conflit. Dans cette perspective, la loi du 26 avril 1924, réservée aux mutilés de guerre, mérite de sortir de l'ombre : c'est la première loi qui fait obligation d'employer des personnes diminuées.

Près de dix ans de gestation

La longue gestation de ce texte, dans un climat relativement consensuel, met l'accent sur les tensions paradoxales qui s'affrontent. Alors que les acteurs sont unanimes à reconnaître la dette de la nation à l'égard de ceux qui ont sacrifié leur santé au champ d'honneur, il faudra près de dix ans, de 1915 à 1924, pour que le processus législatif...

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