Action catholique : la JOC, militante de la santé ouvrière

par Catherine Omnès professeure en histoire (université de Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines) / janvier 2013

Oeuvrer pour la santé ouvrière en agissant sur les conditions de vie et de travail. Tel est le projet humaniste de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) qui mobilise des milliers de jeunes travailleurs dans la France de l'entre-deux-guerres.

Les années 1920 en Europe sont un temps d'expérimentation et d'innovation sociales, tant dans l'organisation et la gestion du travail que dans la professionnalisation des métiers du social (médecin du travail, ergonome, psychotechnicien, surintendante d'usine1...). Le mouvement social n'échappe pas à cette dynamique, comme le montre l'activité de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), créée en France en 1927, et de la JOCF, sa "jumelle" féminine née l'année suivante. Ces associations catholiques d'éducation populaire - que nous désignerons ici sous le terme générique de "JOC" - se singularisent par la place accordée à la santé ouvrière. En contraste avec le déni et l'invisibilité qui marquent alors cette question, elles en font l'objet prioritaire de leur engagement, de leur réflexion et de leur action collective. Leur audience croissante dans l'entre-deux-guerres, qui déborde l'appartenance religieuse au...

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    Apparues en 1917, les surintendantes d'usine ont alors eu pour mission de contribuer au bien-être physique et moral" des ouvrières des usines de guerre. Elles ont jeté les bases des services médicaux et sociaux et de la gestion du personnel dans les entreprises.

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