© Adobe Stock
© Adobe Stock

Des assureurs qui misent sur la prévention individuelle plutôt que collective

entretien avec Romain Juston Morival, Sociologue
par Stéphane Béchaux / 19 mai 2021

Maître de conférences en sociologie à l’université de Rouen Normandie et chercheur affilié au Centre d'études de l'emploi et du travail (CEET-Cnam), Romain Juston Morival étudie les stratégies mises en place auprès des entreprises par les organismes de complémentaire santé. Lesquels cherchent à se positionner comme des acteurs de la santé au travail. Mais avec quelle approche ?

Vous vous intéressez aux « produits de prévention » de plus en plus souvent inclus dans les offres des complémentaires santé. Que mettez-vous derrière ce terme ?
Romain Juston Morival :
Ce sont tous ces programmes, souvent numériques, que les organismes complémentaires d’assurance maladie (Ocam) développent pour inciter les assurés à devenir acteurs de leur santé. Ils visent notamment à agir sur les comportements : faire 10 000 pas par jour, fumer moins, manger sain. Ils s’appuient pour cela sur des bracelets connectés, du e-coaching ou des applications mais l’offre peut aussi aller plus loin, par exemple en fournissant des services de télémédecine.
 
Ces produits sont-ils aujourd’hui très répandus ?
R. J. M. :
Leur croissance a été extrêmement rapide ces cinq dernières années. Désormais, tous les acteurs du marché, quelle que soit leur forme juridique, ont développé des offres, qui évoluent très rapidement. C’est une façon pour eux de se différencier dans leur conquête de parts de marché. On assiste ainsi aux prémices d’une transformation assez radicale du logiciel des assureurs. Ceux-ci ne se perçoivent plus seulement comme des gestionnaires de risques, mais comme des...

Nous sommes heureux que vous aimiez nos contenus.
Vous ne possédez pas d'abonnement à Santé & Travail.

Abonnez-vous pour accéder aux contenus numériques.

Découvrez nos offres à destination des étudiants et des institutions.

Abonné-e : Connectez-vous