Cancers professionnels : des victimes privées de leur rente

par Nathalie Quéruel / janvier 2012

Selon notre enquête, des retraités atteints d'un cancer professionnel peuvent ne percevoir aucune rente de leur vivant au motif que leur maladie évolutive ne peut être consolidée. Une économie pour les entreprises et la branche de la Sécu concernée.

Les victimes du travail poussent en général un ouf de soulagement lorsque, au terme d'une procédure souvent longue, complexe et incertaine, elles reçoivent un courrier de leur caisse primaire d'assurance maladie les informant qu'elles sont reconnues en maladie professionnelle. Et pourtant, certaines ne sont pas au bout de leurs peines. Il leur reste à obtenir la notification d'un taux d'incapacité permanente partielle (IPP), dont dépend l'attribution d'une rente. Un taux dont la détermination nécessite que la victime soit déclarée " consolidée ", c'est-à-dire que son état de santé soit stabilisé.

Monsieur C., un ancien mineur atteint de silicose, a développé un cancer des poumons. " Il n'a eu aucune difficulté pour le faire reconnaître en maladie professionnelle, raconte Roger Lambert, animateur de la permanence accidents du travail-maladies professionnelles de la CFDT à Merlebach (Moselle). Mais pendant plus d'un an, il a espéré la notification de consolidation de la caisse d'assurance maladie. Il guettait le facteur tous les jours. En vain. Il est décédé sans avoir jamais rien reçu. " La notification a été adressée post mortem à sa veuve. Au passage, cela a permis à la branche...

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