Du nouveau sur les perturbateurs endocriniens

par Frédéric Lavignette / 25 février 2021

La connaissance sur l’« effet cocktail » des perturbateurs endocriniens, plus dangereux pour la santé s’ils sont mélangés, progresse. C’est le fruit de recherches menées depuis 2015 par plusieurs équipes de chercheurs1. Toujours dans le but de décrypter l’impact de ces polluants environnementaux sur le système hormonal et leur responsabilité dans l’apparition de certains cancers, maladies neurologiques et problèmes de fertilité, ces derniers ont mené une nouvelle étude dont les résultats ont été publiés en janvier dernier par la revue scientifique américaine PNAS.
Par le passé, les chercheurs avaient montré que certains perturbateurs, pourtant inoffensifs individuellement, pouvaient être nocifs pour l’organisme lorsqu’ils se fixaient simultanément sur un même récepteur présent dans le noyau des cellules, en l’occurrence le PXR. Cette fois, leur étude a porté sur l’observation à l’échelle atomique des liaisons chimiques de ce phénomène. Les interactions entre le récepteur PXR et 13 perturbateurs endocriniens, seuls ou en binômes, ont été examinées.
Il est apparu que le PXR possède quatre poches, chacune dotée de caractéristiques moléculaires et physico-chimiques spécifiques, permettant à des substances de structure très différente d’interagir avec lui et de s’y fixer en même temps. Une fixation d’ailleurs favorisée par la plasticité de ce récepteur. « Ces résultats ne permettent pas, à ce stade, de prévoir l’impact réel de ces associations sur la santé humaine », prévient William Bourguet, chercheur à l’Inserm. Les travaux se poursuivent, avec l’espoir de pouvoir prédire des effets cocktail nocifs entre plusieurs perturbateurs endocriniens.

  • 1. Inserm, université de Montpellier, Centre de biologie structurale et Institut de recherche en cancérologie de Montpellier.