Les facteurs professionnels n'ont pas de signature

par Marcel Goldberg épidémiologiste à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et à l'Institut de veille sanitaire (InVS) / janvier 2009

Les maladies d'origine professionnelle, notamment les cancers, pèsent lourdement sur la santé de la population, mais ce phénomène reste difficile à quantifier. En effet, la plupart des pathologies susceptibles d'être provoquées par des facteurs professionnels peuvent également avoir pour source d'autres types de causes, personnelles ou environnementales. Ce sont des maladies plurifactorielles. Pour évaluer la "part attribuable" à un facteur de risque professionnel, il ne suffit donc pas d'additionner le nombre de cas de pathologies correspondantes.

Cependant, lorsqu'on dispose de données épidémiologiques adéquates, il est possible d'estimer, au sein d'une population, la proportion de cas d'une pathologie ayant une origine professionnelle. C'est en procédant de la sorte qu'on évalue que, dans les pays industrialisés, de 5 % à 10 % environ de tous les cancers sont d'origine professionnelle. Mais ce raisonnement ne vaut que pour des populations. Il n'est pas transposable au plan individuel, face à un cas de cancer.

En effet, pour la plupart des cancers, plusieurs facteurs de risque - professionnels ou non - ont été identifiés, et chacun peut avoir induit le processus cancérogène...

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