Grandes manoeuvres après le rapport Légeron

par Nathalie Quéruel / juillet 2008

La communauté scientifique continue de critiquer le rapport Légeron-Nasse sur le risque psychosocial. Selon notre enquête, l'indicateur sur le stress proposé par les rapporteurs vise surtout à répondre aux critiques du Medef sur l'enquête Sumer1

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    pour "Surveillance médicale des risques".

C'est la mesure phare du rapport Légeron-Nasse sur les risques psychosociaux, remis au ministre du Travail en mars dernier1  : "Construire le premier indicateur global tiré d'une enquête psychosociale" pour mesurer le stress. Or cette préconisation suscite de plus en plus de critiques. Selon l'Association pour le développement des études et recherches épidémiologiques en santé et travail (Aderest), l'idée d'un indicateur global "sur les caractéristiques du salarié, l'état de sa santé mentale et son risque d'exposition à certaines situations reconnues comme facteurs de risque psychosocial" ne tient guère la route d'un point de vue théorique : "On ne peut agréger dans un seul outil des données dont on suppose qu'elles ont une relation de causalité."

Se pose également la question de la pertinence du lancement d'une nouvelle enquête nationale, alors qu'il existe déjà des dispositifs apportant des connaissances intéressantes. Ainsi, le programme Samotrace, développé par l'Institut de veille sanitaire et déployé pour le moment dans quelques régions françaises, a justement pour...

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    Voir "Un rapport sur le stress mais sans le travail", Santé & Travail n° 62, avril 2008.

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