Interdire le glyphosate... et après ?

par Alain Garrigou professeur en ergonomie / janvier 2018

Les Européens en ont repris pour cinq ans. Le 27 novembre dernier, le glyphosate, la molécule clé du Roundup, l'herbicide phare commercialisé par Monsanto, a vu son autorisation de mise sur le marché renouvelée pour un quinquennat par les pays de l'Union. La France s'est opposée à cette mesure, compte tenu du classement en mai 2015, par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), du glyphosate dans le groupe 2A ("probablement cancérogène"). Mais l'Allemagne, longtemps défavorable au renouvellement, a changé d'avis au dernier moment. Certains voient derrière ce revirement le poids de la chimie d'outre-Rhin, notamment du groupe Bayer, qui s'est porté acquéreur de Monsanto. Quoi qu'il en soit, cette décision est un beau pied de nez au principe de précaution. Mais elle est "moins pire" que les dix ans de renouvellement souhaités initialement par la Commission. La France, elle, prônait une autorisation sur trois ans, et le président de la République a prévenu que notre pays ferait cavalier seul et interdirait le produit passé ce délai.

Toutefois, il faut prendre garde à ce que le glyphosate ne devienne pas l'arbre qui cache la forêt... de pesticides. En effet, bien qu...

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