© Christophe Boulze/Mutualité française
© Christophe Boulze/Mutualité française

Leur réforme de la santé au travail

par Stéphane Béchaux François Desriaux / octobre 2020

Médecins et infirmières du travail, ergonomes… Ils exercent (ou ont exercé) en services de santé interentreprises ou autonomes. Ils ont passé une journée ensemble, à l’appel de Santé & Travail, pour réfléchir aux éléments clés d’une évolution de leurs métiers.

C’est reparti pour un tour ! Dès la mi-juin, les partenaires sociaux ont été invités par le gouvernement à reprendre la discussion sur le système de santé au travail. C’est la seconde tentative après l’échec de la négociation de 2019, lancée sur la base du rapport rendu par la députée LREM du Nord, Charlotte Lecocq. Cette fois, l’exécutif a bien balisé l’exercice à coups de documents préparatoires puis d’un texte d’orientation qui fixe le cap (voir « Repère »).

Repère : trois objectifs pour la négociation

Dans le document d’orientation adressé aux partenaires sociaux l’avant-veille de la première séance de négociations, le 15 juin dernier, le gouvernement a fixé trois objectifs : « mieux protéger la sécurité et la santé des travailleurs et favoriser leur maintien dans l’emploi tout au long de la vie » ; « accompagner plus efficacement les entreprises (…) pour qu’elles adoptent des mesures de prévention adaptées aux risques qui leur sont propres » ; « améliorer l’efficacité de la gouvernance de la santé au travail ».

En marge de ces débats – dont on sait qu’ils seront difficiles tant les antagonismes sur des points fondamentaux sont forts –, notre magazine a souhaité organiser un échange, pendant une journée, entre des professionnels de la santé au travail aguerris. Fin juillet, nous avons réuni treize médecins du travail, infirmières et intervenants en prévention des risques professionnels (IPRP) pour dessiner les grandes lignes de ce que serait, selon eux, une « bonne réforme » de la santé au travail.

Une table ronde inédite

Qu’ils aient une longue expérience ou qu’ils soient plus novices, les professionnels qui se sont retrouvés en juillet à l’initiative de Santé & Travail pour partager leurs réflexions sur le devenir de la santé au travail sont très engagés dans leur métier. Certains ont des mandats dans des associations ou des syndicats. D’autres exercent des responsabilités en rapport avec leurs compétences.

Filiz Bayar. Médecin du travail en service interentreprises (Occitanie).
Dominique Boscher. Médecin du travail en service interentreprises (Ile-de-France), administrateur CFDT de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS).
Alain Carré. Ancien médecin du travail en service autonome, impliqué dans différentes associations d’aide aux victimes du travail et au sein du syndicat CGT des médecins du travail des industries électriques et gazières.
Jacques Darmon. Médecin du travail en service interentreprises, conseiller prud’homal CFDT à Paris et auteur d’une lettre d’information sur les risques professionnels, rédacteur de la page veille juridique de Santé & Travail.
Gaspard Gravier. Ergonome, responsable du pôle prévention d’un service interentreprises (Auvergne-Rhône-Alpes).
Catherine Higounenc. Infirmière en service de santé au travail et enseignante à Toulouse.
Gérard Lucas. Médecin du travail, président du Conseil national professionnel de médecine du travail.
Mélissa Menetrier. Médecin du travail en service interentreprises (Ile-de-France), ancienne présidente de l’association des internes en médecine du travail, membre du comité de rédaction de Santé & Travail.
Marie Pascual. Ancien médecin du travail en service interentreprises, ancienne conseillère médicale d’associations de victimes de risques professionnels, participe à des consultations sur la souffrance au travail.
Nadine Rauch. Infirmière du travail en service autonome (Ile-de- France), présidente du Groupement des infirmiers de santé au travail (GIT).
Nicolas Sandret. Ancien médecin inspecteur du travail, médecin à la consultation de pathologie professionnelle de Créteil (94), copilote de l’enquête Sumer (Surveillance médicale des expositions des salariés aux risques professionnels).
Franck Viola. Ergonome, intervenant en prévention des risques professionnels dans un service interentreprises (Isère).
Jean-Louis Zylberberg. Médecin du travail dans un service du BTP (Ile-de- France), ancien médecin inspecteur du travail, président de l’association Santé & médecine du travail.

Premier constat, tous sont d’accord sur l’analyse d’une situation défavorable à la santé des salariés : « Troubles musculosquelettiques [TMS], risques psychosociaux [RPS], nuisances sonores, expositions à des produits...

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