Nicolas Hatzfeld : l'historien ouvrier

par Nathalie Quéruel / janvier 2012

Les conditions de travail dans l'automobile, cet historien les connaît bien. Il en a éprouvé la réalité en tant qu'ouvrier, du temps de son engagement maoïste. Puis il en a fait le thème de ses recherches, n'hésitant pas à retourner sur la chaîne.

La vie emprunte parfois de curieux méandres. Avant de devenir historien, Nicolas Hatzfeld, dont la jeunesse a été prise dans le tourbillon du militantisme d'extrême gauche, a été révolutionnaire. Ce qui l'a conduit à exercer le métier d'ouvrier pendant quelques années. " Ce parcours a certainement influencé mes sujets de recherche : l'industrie automobile, la santé au travail, la représentation du travail à la chaîne dans l'imaginaire des cinéastes ", relève ce professeur d'histoire contemporaine à l'université d'Evry (Essonne) et à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). A 18 ans, le jeune homme n'étudie que très modérément l'histoire à la faculté de Lyon. Car il milite à fond au Parti communiste marxiste-léniniste de France (PCMLF), organisation prochinoise alors clandestine. Début 1971, il bazarde tout, dans l'intention de devenir " établi "1 chez Peugeot, à Sochaux. " Nous avions alors une grande capacité à être déraisonnables ", com...

  • 1.

    Le terme " établi " désigne un militant maoïste, généralement étudiant, devenu " ouvrier volontaire " en usine afin de diffuser les idées révolutionnaires de son organisation. Le " mouvement d'établissement " a démarré en 1967.

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