Siège de l'EPA, à Washington - © Adobe Stock
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Liaison toxique entre Trump et l’industrie

par Laurent Vogel chercheur à l’Institut syndical européen (Etui) / janvier 2020

En organisant la mainmise du monde des affaires sur l’Agence américaine de protection de l’environnement, Trump a infléchi le cours de la politique contre le risque chimique. Au profit des industriels et au détriment, entre autres, des travailleurs.

En juin 2016, au terme de débats houleux, démocrates et républicains du Congrès américain ont adopté le Lautenberg Act, qui rénove la législation fédérale en matière de risques chimiques. Les points forts de cette réforme portent sur une évaluation plus systématique des substances, nouvelles ou non, afin que des mesures préventives puissent être prises en conséquence. La circulation de l’information doit être améliorée, en limitant les cas où l’application d’une clause de confidentialité est accordée aux entreprises. Autant de dispositions dont la mise en oeuvre relève de l’Environmental Protection Agency (EPA ou, en français, Agence américaine de protection de l’environnement ; voir « Repère »). Mais cet organisme fédéral peut-il aujourd’hui remplir sa mission avec l’impartialité et le zèle requis ? On peut en douter.

Repère : l'EPA

L’Environmental Protection Agency (EPA) est l’agence fédérale américaine ayant pour mission « de protéger la santé humaine et de sauvegarder les éléments naturels ». Créée en 1970, elle emploie environ 15 000 personnes. Elle possède des centres de recherche, édicte des règles et exerce des fonctions d’inspection. Bénéficiant d’un statut destiné à la mettre à l’abri des pressions de l’exécutif, elle ne dépend d’aucun département ministériel et est supervisée par le Comité des sciences de la Chambre des représentants.

Un lobbyiste au pouvoir

Dès son accession à la présidence, en 2017, Donald Trump a placé aux postes clés de l’EPA des personnalités issues du monde des affaires. Il a commencé, en février, par nommer à la tête de l’agence un lobbyiste climatosceptique, Scott Pruitt. Une de ses premières décisions a été de refuser l’interdiction du chlorpyrifos, un pesticide...

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