L'Italie donne une leçon de justice à la France

par Eliane Patriarca / avril 2012

En condamnant deux industriels de l'amiante à seize ans de prison, la justice italienne a choisi de donner gain de cause aux victimes. Un verdict qui tranche avec les atermoiements de l'Etat français concernant l'ouverture d'un procès pénal.

Le 13 février dernier, au palais de justice de Turin, Romana Blasotti Pavesi, 83 ans, écoute, le visage tendu, la lecture du jugement dans le procès Eternit. Un procès pénal gigantesque, le plus grand jamais organisé au monde sur la catastrophe de l'amiante, et en matière de sécurité au travail. Il opposait 6 000 parties civiles (victimes, proches de victimes, syndicatssécurité sociale italienne...) à deux ex-actionnaires d'Eternit, l'ancienne multinationale de l'amiante-ciment. Dans un silence de plomb, le Belge Louis de Cartier de Marchienne et le Suisse Stephan Schmidheiny ont été reconnus coupables de la mort de 3 000 personnes, exposées à la poussière blanche et mortelle sur et autour des quatre sites italiens d'Eternit, dont 1 800 pour la seule ville de Casale Monferrato (Piémont). Ils ont été condamnés à seize ans de prison et 250 millions d'euros de dommages et intérêts.

" Justice est faite, dit Romana Blasotti Pavesi, présidente de l'Afeva, l'association italienne des familles de victimes de l'amiante, aux journalistes qui l'assaillent. Mais personne ne pourra nous rendre ceux que nous avons perdus. " Comme son mari, sa fille, sa soeur, son neveu, sa cousine, tous morts...

Nous sommes heureux que vous aimiez nos contenus.
Vous ne possédez pas d'abonnement à Santé & Travail.

Abonnez-vous pour accéder aux contenus numériques.

Découvrez nos offres à destination des étudiants et des institutions.

Abonné-e : Connectez-vous