« Une logique économique éloignée de la santé publique »

entretien avec Jean-Michel Sterdyniak, secrétaire général du Syndicat national des professionnels de la santé au travail (SNPST)
par Clotilde de Gastines / janvier 2020

Au cours de notre enquête, beaucoup de témoignages ont mentionné l’existence d’un « trésor de guerre » amassé par les services de santé au travail interentreprises (SSTI)…

Jean-Michel Sterdyniak : Ce qui est sûr, c’est qu’on est dans une gestion trop souvent opaque des SSTI, par rapport à leur mission. Même si 80 % des sommes collectées auprès des entreprises adhérentes servent à payer des salaires, cela génère un flux financier important et les services ont accumulé un patrimoine immobilier conséquent, avec des bureaux, des cabinets médicaux et des sièges aux dimensions parfois pharaoniques. Cela suscite des convoitises et crée des tensions entre les diverses composantes patronales qui tiennent les rênes.
Une autre dimension, moins spectaculaire, c’est que les conseils d’administration des services fonctionnent comme toute structure : leur priorité, c’est de faire rentrer l’argent dans les caisses et donc d’attirer le maximum d’entreprises. Pour cela, il ne faut pas déplaire… Cette logique économique est souvent très éloignée, voire incompatible avec notre mission de santé publique.

Pourtant, la réforme de 2011 a installé des contre-pouvoirs, avec une gestion paritaire. N...

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