Mélissa Menetrier, Yves Struillou © Nathanaël Mergui/Mutualité française
Mélissa Menetrier, Yves Struillou © Nathanaël Mergui/Mutualité française

Où va la médecine du travail ?

par François Desriaux / juillet 2017

Passée inaperçue dans la loi El Khomri, la réforme de la médecine du travail induit des changements majeurs dans le suivi des salariés. Mélissa Menetrier, ex-dirigeante de l'Association nationale des internes en médecine du travail, en débat avec Yves Struillou, directeur général du Travail.

Fin de l'aptitude, espacement des visites médicales, visite d'embauche déléguée à d'autres professionnels de santé, mais aussi facilitation du licenciement des salariés inaptes à tout poste... Ces mesures de la loi El Khomri ne sont-elles pas avant tout destinées à s'adapter à la pénurie de praticiens et à simplifier la gestion du personnel pour les employeurs, plutôt qu'à améliorer la prise en charge de la santé au travail et de la prévention ?

Yves Struillou : Si la contrainte que constitue la pénurie de médecins du travail est une réalité qui s'impose, l'ambition de la réforme engagée - qui prolonge celle de réformes antérieures - est de moderniser notre système de suivi de l'état de santé de chaque travailleur pour assurer à la fois son effectivité et sa pertinence. La réforme reste fidèle aux valeurs de l'article 1 de la loi de 1946 fondant ce système sur la prévention. Comme le disait Charles de Gaulle, "en notre temps où tout est mobile, il ne saurait y avoir de continuité sans adaptation"

La réforme tourne le dos à un suivi uniforme et systématique de l'aptitude des travailleurs, qui n'était pas pertinent, pour privilégier un suivi "à la carte", au plus près des...

Nous sommes heureux que vous aimiez nos contenus.
Vous ne possédez pas d'abonnement à Santé & Travail.

Abonnez-vous pour accéder aux contenus numériques.

Découvrez nos offres à destination des étudiants et des institutions.

Abonné-e : Connectez-vous