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Les fausses promesses de la méthode Toyota

par François Desriaux / avril 2012

Censé réconcilier l'amélioration des conditions de travail et l'augmentation de la productivité, en promouvant la participation des salariés, le lean est partout, dans l'industrie, mais aussi dans les services. Même les fonctions publiques s'y convertissent.

Adieu Taylor et Ford, vive le toyotisme, dont le lean est la théorisation ! Ce n'est pas juste un modèle de rationalisation, c'est presque une religion.

Sauf que, à l'usage, le lean ne tient pas ses promesses. Les salariés déchantent quand, au terme d'une concertation tronquée, ils souffrent dans leurs articulations du renforcement de l'intensification du travail et, dans leur tête, de devoir contenir leur expérience et leurs aspirations.

Ces travers ne sont pas le fruit de pratiques déviantes. Non, le lean est fondé sur un modèle erroné du fonctionnement de l'homme au travail, qui neutralise sa capacité d'initiative, sa créativité, son pouvoir d'agir. Autant de ressources sans lesquelles on ne peut produire de la qualité. Autant de sujets d'un débat que les représentants du personnel peuvent initier avec les salariés, pour prendre au mot les promesses du lean

Pourquoi le lean fait-il mal au travail ?

par Fabrice Bourgeois ergonome / avril 2012

Nouveau mode d'organisation en vogue, le lean prétend améliorer à la fois la productivité et les conditions de travail. Une promesse non tenue du fait des faibles marges de manoeuvre laissées aux salariés pour aménager le travail.

De plus en plus d'entreprises sont attirées par le lean. Ce modèle de l'efficacité focalise les moyens de production - de biens ou de services -, le management et les outils de gestion sur le juste nécessaire, au bon moment. En s'attaquant à des " sources de gaspillage " dans le processus productif - attentes, stocks intermédiaires, mouvements inutiles... -, le lean agit à la manière d'une cure d'amaigrissement, avec la promesse d'une rentabilité et d'une compétitivité accrues. Il revendique aussi une prise de distance par rapport aux mauvaises conditions de travail, assimilées au modèle fordiste (voir " Repères "), en promouvant la participation de l'opérateur à l'amélioration continue de l'organisation et du poste de travail. Ses partisans y voient la possibilité d'une union sacrée entre productivité et amélioration des conditions de travail.

Cependant, des salariés, avec l'appui d'organisations syndicales ou de comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), dénoncent la mystification que représente cette promesse. Le lean est devenu l'objet de critiques et d'un débat social. Ses détracteurs l'associent à une intensification du travail, ainsi qu'à une...

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