© NATHANAËL MERGUI / MUTUALITÉ FRANÇAISE
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Prévention  : comment un CHSCT peut-il aborder la souffrance mentale ?

par Philippe Davezies enseignant-chercheur en médecine et santé au travail à l'université Claude-Bernard Lyon 1. / octobre 2009

Il arrive qu'un salarié souffrant d'un mal-être lié au travail sollicite l'aide du CHSCT. Une demande qui peut plonger celui-ci dans l'embarras... Passage en revue des écueils à éviter et des principes à adopter pour une action efficace.

La souffrance au travail se manifeste le plus souvent sous la forme d'une plainte extrêmement individualisée qui mêle anxiété, colère, sentiment d'isolement, vécu d'indignité. Elle est couramment associée à un profond désarroi. La personne ne comprend pas ce qui lui arrive et ne sait plus comment y faire face. Elle exprime ses difficultés sur le mode du conflit interpersonnel dans des formes très générales - en se focalisant, par exemple, sur la méchanceté du chef. Son discours, très répétitif, ne parvient pas à rendre compte de ce qu'elle a réellement vécu. Cette incapacité à s'expliquer use la patience des proches et contribue à accroître le sentiment d'isolement et d'enlisement. C'est ce qui fonde la demande d'aide qu'elle peut alors formuler auprès du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Une demande à laquelle ce dernier risque de répondre maladroitement s'il n'y est pas préparé.

En pareil cas, plusieurs dangers menacent le représentant du personnel. Le premier consiste à " coller " au propos du salarié souffrant. Evidemment, cela ne l'aide pas, et le représentant se retrouve lui-même en difficulté : porteur des mêmes discours, il aboutit à la...

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