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Quand les chimiothérapies menacent les soignants

par Nolwenn Weiler / avril 2021

Les médicaments anticancéreux présentent des risques toxiques pour le personnel hospitalier. Comme ceux-ci sont méconnus, la prévention est loin d’être à la hauteur. Une situation inquiétante alors que le nombre de cancers, et donc de traitements, augmente.

C’est un fait paradoxal mais hélas bien réel : les médicaments cytostatiques administrés dans le cadre des chimiothérapies sont susceptibles d’avoir des effets graves sur la santé des soignants. S’attaquant aux cellules cancéreuses, leurs composés peuvent aussi atteindre les cellules saines des salariés qui y sont exposés (voir le précédent article de Santé & Travail  « Cancers des soignants : vers un scandale sanitaire ? »). Or nombre d’entre eux sont cancérogènes, mutagènes et/ou reprotoxiques (CMR). D’où l’alerte lancée par l’Institut syndical européen (Etui), dans une note publiée en septembre 2020 : « Le personnel hospitalier qui manipule des substances cytotoxiques [toxiques pour les cellules, NDLR] a trois fois plus de risques de développer une maladie maligne. Les infirmières exposées aux substances cytotoxiques ont deux fois plus de risques de faire une fausse couche. » Pour l’un des coauteurs de la note, Tony Musu, chercheur à l’Etui, « l’idée n’est évidemment pas d’interdire ces substances dont on a besoin pour soigner les malades. Mais il faut mieux protéger les travailleurs ».
Dans les années 1970 et 1980, les médicaments cytostatiques étaient utilisés sans aucune...

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