"Des risques imparfaitement maîtrisés"

entretien avec William Dab, professeur en hygiène et sécurité au Cnam
par Michel Delberghe / octobre 2014

A l'occasion de la Journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail, le 28 avril dernier, vous avez dressé un état des lieux inquiétant de la prévention des cancérogènes professionnels. Pourquoi ?

William Dab : Parce que, tout d'abord, les risques CMR [cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques, NDLR] sont imparfaitement maîtrisés. Ces produits sont largement utilisés - près de 5 millions de tonnes annuellement - et beaucoup d'entre eux n'ont fait l'objet que d'une évaluation succincte avant leur mise sur le marché. La gestion du risque repose pour l'essentiel sur la notion de valeurs limites d'exposition, les VLEP. En réalité, peu de VLEP sont disponibles, elles ne sont pas fondées, en général, sur des évaluations de risques sur le long terme et elles sont monosubstances, c'est-à-dire qu'elles ne tiennent pas compte des effets des mélanges complexes. Bien sûr, on peut attendre du dispositif Reach1 une amélioration sur ces points. Cependant, le principal problème, sur le terrain, est que la réglementation est mal appliquée, et pas...

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    Dispositif réglementaire européen gérant l'enregistrement, l'évaluation, l'autorisation et la restriction des produits chimiques.

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