© Christophe Boulze/Mutualité française
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Des salariés devenus préventeurs du risque toxique

par Joëlle Maraschin / janvier 2021

Au port pétrolier de Fos-Lavéra, une expertise pour risque grave a permis aux élus du CSE de réinvestir, avec les salariés, la prévention des expositions aux agents chimiques dangereux. Et de convaincre l’employeur de la renforcer. Reportage.

Dans le monde portuaire, la santé au travail n’a pas toujours été une priorité. « Prendre des risques, être exposé à des produits chimiques, cela a toujours fait partie du métier. Nous l’acceptions comme les anciens avant nous », explique Benoît Facchetti, secrétaire du CSE et responsable de la CGT chez Fluxel, entreprise classée Seveso, qui exploite deux ports pétroliers à Fos-sur-mer et Lavéra, un quartier de Martigues (Bouches-du-Rhône). Ce déni des dangers, qui s’explique aussi par la crainte d’une automatisation et de ses répercussions sur l’emploi, a été encouragé par les directions successives, en dépit de leur obligation de sécurité. « On nous a toujours dit de ne pas nous inquiéter », se souvient amèrement Patrick Porcu, chef de groupe maintenance mécanique.
Cependant, il y a quelques années, un ancien collègue est décédé des suites d’un cancer, après une longue bataille pour la reconnaissance de l’origine professionnelle de sa maladie. Des cancers ont été diagnostiqués chez d’autres salariés. Des drames traumatisants pour les personnels de Fluxel, avec l’angoisse d’être le prochain sur la liste. « Nos fiches d’exposition aux agents chimiques dangereux et nos dossiers...

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