Des salons de beauté... et de pénibilité

par Rozenn Le Saint / juillet 2016

Coiffeuses et esthéticiennes sont exposées à des contraintes physiques et à des produits chimiques, sources de pathologies invalidantes pour leur travail. Une réalité que le secteur a du mal à appréhender, pour des raisons économiques. Enquête.

A 20 ans, sa carrière est déjà finie. Julie1 va devoir se reconvertir. Sa lombalgie chronique ne lui permet plus de tenir debout et baissée, sept heures d'affilée, pour arracher les bandes de cire sur les jambes de ses clientes, dans le petit salon de beauté où elle travaille. "Je ne sais faire que ça. Je vais essayer de faire accepter un mi-temps thérapeutique pour limiter mon mal de dos", confie la jeune femme, qui a obtenu son CAP d'esthéticienne il y a deux ans seulement. Exposées aux troubles musculo-squelettiques (TMS), les esthéticiennes le sont aussi à des risques infectieux, selon les zones à épiler et l'hygiène de l'établissement. Sans parler des dangers liés aux UV. Ou des allergies aux produits cosmétiques et de dépilation qu'elles manipulent quotidiennement. "Cela survient du jour au lendemain, sans prévenir", observe une esthéticienne parisienne.

Allergies en pagaille

Du côté de la coiffure, la situation n'est pas meilleure. Les allergies constituent la deuxième cause de maladie professionnelle chez les 100 000 coiffeurs et coiffeuses, ainsi que chez les 22 500 apprentis que compte...

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