© Daniel Maunoury
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Pour une Sécu à la rescousse des conditions de travail

entretien avec Jean-François Naton, vice-président du Cese
par Joëlle Maraschin / octobre 2019

Dans son livre Pour d'autres jours heureux, Jean-François Naton, vice-président du Conseil économique, social et environnemental (Cese), insiste sur la nécessaire réforme des services de santé au travail, qu'il verrait bien rejoindre la Sécurité sociale.

Vous dressez, dans Pour d'autres jours heureux. La Sécurité sociale de demain (Editions de l'Atelier), un constat accablant des dégâts causés par les organisations et les conditions de travail. Comment expliquez-vous cet échec en matière de santé au travail ?

Jean-François Naton : Ce constat est largement partagé. L'explosion des maladies professionnelles et le niveau élevé des accidents du travail restent un problème majeur dans notre pays. Une grande partie des inégalités de santé et d'espérance de vie sont le fruit de ce "mal-travail". Il y a une prise de conscience collective de l'ampleur de ce désastre humain et économique. Des préconisations pour cheminer vers des solutions ont été faites ces dernières années par les partenaires sociaux, notamment dans le troisième plan santé au travail. Mais nous sommes dans l'incapacité de mettre en oeuvre ce que nous avons nous-mêmes décidé. La gouvernance des services de santé au travail est l'élément d'empêchement. Ces associations, dont le budget colossal est géré par une partie du patronat, ont mis leur veto à toute transformation. Nous avons pourtant le devoir de nous interroger sur l'efficience de ce système et de revoir son...

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