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Travailler « la boule au ventre » pendant l’épidémie

par Thomas Coutrot Statisticien et économiste / 04 juin 2020

Une enquête de l'Ugict-CGT révèle que, pendant le confinement, la moitié des salariés disaient partir travailler le matin « la boule au ventre par crainte de contracter ou de transmettre le Covid-19 ». Il y a de forts risques que cette anxiété, qui pourrait perdurer ou rebondir avec l’épidémie, affecte leur santé psychique.

L’enquête « Le travail sous épidémie » réalisée par l’Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens CGT (Ugict-CGT) donne de nombreux éléments permettant d’appréhender ce qui, dans la situation personnelle et professionnelle des personnes interrogées1, contribue à donner un sentiment d’insécurité sanitaire. Parmi les déterminants liés à la première, le plus important est l’état de santé : les personnes qui se considèrent « vulnérables par rapport au Covid-19 »2 sont beaucoup plus inquiètes (71 %) que les autres (46 %). C’est compréhensible, vu le rôle considérable des comorbidités...

  • 1. Parmi les salariés interrogés, 3 652 se rendaient sur leur lieu de travail pendant le confinement, et 3 232 ont répondu à la question sur la « boule au ventre » ; c’est sur cette dernière population que porte l’analyse.
  • 2. Le questionnaire indiquait : « par exemple : enceinte troisième trimestre, 70 ans ou +, antécédents cardiovasculaires, obésité morbide, cirrhose, diabète lourd, insuffisance rénale chronique, cancer sous traitement, pathologies chroniques respiratoires, immunodépression ». Cela concerne 14 % des répondants en présentiel, 15 % de ceux en télétravail et 40 % de ceux en arrêt maladie.

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