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La santé au travail, nouvel enjeu de société

par Stéphane Vincent / octobre 2011

En 1991, l'amiante était encore une menace diffuse, dénoncée par certains cercles militants, mais largement occultée par celle du chômage. Il y a vingt ans, la souffrance psychique, les troubles musculo-squelettiques, les effets du vieillissement au travail étaient encore des sujets d'étude ou de discussion entre experts. Que de chemin parcouru depuis ! Le scandale lié aux dizaines de milliers de cancers professionnels de l'amiante et ses suites judiciaires ont changé la donne. La santé au travail est devenue une affaire d'Etat, et sa préservation un nouveau principe juridique placé au-dessus de la liberté d'entreprise. Les effets des mutations économiques de ces vingt dernières années sur le travail et la santé - des suicides à la pénibilité, en passant par l'intensification - et leur prévention sont aussi au coeur du débat public aujourd'hui. Avec une certitude : il est non seulement nécessaire mais aussi possible de transformer le travail, afin d'en faire un vecteur de santé et non de maladie.

L'épidémie de TMS peut être jugulée

par François Daniellou ergonome / octobre 2011

Les troubles musculo-squelettiques continuent à croître. Pourtant, les mécanismes qui favorisent leur apparition sont connus, comme les réponses efficaces en termes de prévention. A quelles conditions peut-on mettre ces dernières en oeuvre ?

La courbe des troubles musculo-squelettiques (TMS) reconnus comme maladies professionnelles poursuit son ascension. Au titre de 2009, ils sont 38 000 pour le seul régime général de la Sécurité sociale. Pourtant, les connaissances ont beaucoup progressé, tant sur les mécanismes explicatifs des pathologies que sur les interventions efficaces en matière de prévention.

Rationalisation et désordre

Depuis une quinzaine d'années, beaucoup de chercheurs et d'intervenants en prévention ont renoncé à aborder les TMS par une approche purement biomécanique. Bien sûr, les sollicitations excessives ou inappropriées des articulations sont un des ingrédients des troubles musculo-squelettiques, mais travailler seulement à modifier la géométrie du poste ou des outils pour favoriser un " meilleur " geste a peu d'effets. Le geste part du cerveau, et beaucoup de choses se jouent dans la possibilité pour le travailleur d'inventer ou non son propre geste. Pouvoir déployer un beau geste professionnel, qui exprime la compétence de son auteur, dans des circonstances où on peut l'adapter aux variations de la situation, est très protecteur en matière de TMS. En revanche, quand le geste est...

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