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« La pollution au chlordécone produit ses effets encore aujourd’hui »

entretien avec François Lafforgue avocat
par Eliane Patriarca / 23 février 2021

François Lafforgue est l’avocat des associations EnVie-Santé et Générations Futures, parties civiles dans l’affaire du chlordécone, ce pesticide cancérogène qui empoisonne les Antilles. Il conteste la possible prescription des faits, évoquée récemment par les juges d’instruction.

Le 21 janvier dernier, les sept associations qui ont porté plainte en 2006 et 2007 pour « mise en danger de la vie d’autrui » et « homicide involontaire » dans l’affaire du chlordécone ont été reçues pour la première fois par les juges d’instruction du pôle de santé publique de Paris. Quinze ans, est-ce un délai habituel ?
François Lafforgue : Dans la plupart des affaires de ce type, qui sont suivies par le pôle de santé publique du tribunal de grande instance de Paris, les délais d’instruction sont très longs. Les auditions des parties civiles surviennent très tardivement et ne peuvent donc être utiles à une instruction déjà fort avancée.

Les plaintes pourraient tomber sous le coup de la prescription selon les juges. Dans des médias antillais, une source anonyme du tribunal judiciaire de Paris a invoqué l’impossibilité de poursuivre le délit de mise en danger de la vie d’autrui avant le 1er mars 1994, date de son entrée en vigueur, l’usage du chlordécone ayant été interdit en 1993. « L’ancienneté des faits, le décès, l’âge et la santé de certains témoins » sont aussi objectées. Le risque de prescription est-il réel ?
F. L. : A notre sens, il n’y a pas de prescription qui...

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