© Simon Bailly

Maladies professionnelles : à quand une vraie reconnaissance ?

par Stéphane Vincent / octobre 2020

Les salariés contaminés par le Covid-19 dans le cadre de leur activité pourront-ils le faire reconnaître en maladie professionnelle ? Rien n’est moins sûr. Les critères définis par le gouvernement pour acter cette reconnaissance sont si restrictifs qu’ils vont exclure de nombreuses victimes. Il s’agit là d’une énième illustration des difficultés rencontrées par les travailleurs pour obtenir réparation. Le compromis historique entériné par la loi – accorder au salarié le bénéfice d’une présomption d’origine professionnelle de sa pathologie en échange d’une relative immunité juridique pour l’employeur – apparaît de plus en plus bancal. L’indemnisation forfaitaire qui en découle pour les victimes s’avère souvent trop faible au regard des préjudices réels et les pousse à attaquer les employeurs en justice, incitant ces derniers à faire barrage à toute déclaration ou reconnaissance. L’absence d’évolution des tableaux de maladies professionnelles, qui conditionnent l’accès à la présomption d’origine, renvoie également les victimes vers un système complémentaire où elle ne s’applique plus. Sans oublier le parcours d’obstacles que constitue la procédure de reconnaissance. Le système doit donc évoluer, et les options sont nombreuses. Une chose est certaine, en tout cas : l’intervention des acteurs de prévention en entreprise demeure déterminante. En mettant en visibilité les risques, ils peuvent à la fois éviter des maladies… et faciliter leur reconnaissance.

© Simon Bailly
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A la MSA, les préventeurs misent sur la coopération

par Corinne Renou-Nativel / octobre 2020

Pour faire reculer les maladies professionnelles, troubles musculo-squelettiques en tête, la Mutualité sociale agricole s’appuie sur une démarche de terrain, transversale, qui associe médecins, infirmiers, conseillers en prévention et le contrôle médical.

Parmi les maladies professionnelles du secteur agricole, les troubles musculo-squelettiques (TMS) occupent la première place : ils représentent 96 % des atteintes reconnues chez les salariés et 87 % chez les non-salariés. « Chez les exploitants, c’est avant tout dans l’activité de la traite, dans la filière de l’élevage laitier, que la fréquence d’apparition des TMS est la plus importante ; chez les salariés, ce sont les abattoirs, et notamment la découpe de la viande et la boucherie qui sont les plus concernés », constate Magalie Cayon, responsable du service prévention de la Mutualité sociale agricole (MSA) au niveau national. « De manière générale, les localisations les plus fréquentes sont les épaules, le canal carpien et les lombalgies », précise Dominique Semeraro, médecin du trava...}}

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