Les corps soumis de l'industrialisation

par Thomas Le Roux chargé de recherche au CNRS (Centre de recherches historiques de l'Ecole des hautes études en sciences sociales) / janvier 2011

Dès avant le milieu du XIXe siècle, la première industrialisation expose les ouvriers à une intensification du travail et à de nouveaux produits toxiques. Le discours médical accompagne cette dégradation des conditions de travail avec beaucoup d'ambiguïté.

En 1700, le médecin italien Bernardino Ramazzini publie un Essai sur les maladies des artisans, où il identifie et décrit les pathologies inhérentes à plusieurs dizaines de métiers. Bien que l'ouvrage ne soit traduit en français qu'en 1777, par Antoine François de Fourcroy, il constitue dans l'Europe des Lumières la référence inépuisable de l'étude des maladies et malformations d'origine professionnelle. Un siècle et demi plus tard, dans son célèbre Tableau de l'état moral et physique des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie (1840), le médecin parisien Louis René Villermé prend le contrepied de son diagnostic, en affirmant que la mauvaise santé des ouvriers est essentiellement liée à leur mode de vie hors travail. Ces deux conceptions opposées témoignent ...}}

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