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Difficile de travailler après un cancer

par François Desriaux / 25 juin 2018

D’après une étude menée par l’Inserm pour l’Institut national du cancer, un salarié sur cinq a perdu son emploi cinq ans après le diagnostic d’un cancer. Et plus de 63 % d’anciens malades souffrent de séquelles dues au cancer ou au traitement.

« Cinq ans après leur diagnostic de cancer, 44 % des patients ont une qualité de vie physique dégradée », peut-on lire dans le document de synthèse de l’Institut national du cancer (Inca), rendant compte de l’étude Vican5 conduite par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), à partir d’une cohorte de plus de 4 000 malades. Cette dégradation concerne davantage les femmes et les personnes de 50 ans ou moins au moment du diagnostic, ainsi que celles qui rencontrent des difficultés financières. Plus de 63 % des patients souffrent de séquelles dues au cancer ou au traitement. Douleurs, fatigue chronique, troubles cognitifs sont le lot de ces anciens malades et viennent perturber leur vie quotidienne. Les douleurs, surtout lorsqu’elles sont installées depuis de longs mois, vont contribuer à rendre l’insertion professionnelle plus difficile.

L’exclusion de l’emploi touche surtout les plus vulnérables

Ainsi, 20 % des personnes âgées de 18 à 54 ans et en emploi au moment du diagnostic ne travaillent plus cinq ans après. Cette situation « concerne davantage les personnes les plus vulnérables sur le marché du travail : les moins de 40 ans et les plus de 50, les personnes les moins diplômées, celles ayant peu d’expérience et qui ont un contrat de travail précaire », commentent les auteurs de l’enquête. Dans le détail, ils observent que « parmi les personnes en emploi au diagnostic, 54,5 % ont gardé le même emploi, 17,4 % en ont changé, 5,9 % sont au chômage, 7,5 % en invalidité et 13 % à la retraite ».
Les chercheurs notent également un effet dû à la localisation de la tumeur. La baisse du taux d’emploi et la hausse de celui du chômage sont plus fortes s’agissant des salariés ayant contracté un cancer du poumon. « La sortie de l’emploi constatée à cinq ans du diagnostic a majoritairement eu lieu au cours des trois dernières années, mettant en évidence un effet à moyen terme de la maladie », explique l’Inca.

L’intérêt du temps partiel thérapeutique

Enfin, on retiendra que 24 % des salariés en emploi au moment du diagnostic ont repris leur travail à temps partiel thérapeutique et que 62,7 % ont connu un aménagement de leurs conditions de travail. « Les personnes qui ont été en temps partiel thérapeutique à la suite d’un cancer se trouvent plus souvent en emploi cinq ans après le diagnostic (84,6 % versus 68 % pour celles qui n’en ont pas bénéficié), enregistre l’Inca. Le recours à ce dispositif est également associé à une reprise de l’emploi plus rapide. » L’institut insiste également sur l’importance des arrêts de travail comme moyen de gérer l’impact de la maladie sur la trajectoire professionnelle.

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