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La politique peut-elle changer le travail ?

par François Desriaux / janvier 2012

En 2007, le vainqueur de l'élection présidentielle a su rallier les suffrages des classes populaires en promettant de revaloriser le travail. Mais ces promesses concernaient davantage le pouvoir d'achat que les conditions de travail. Ce n'est guère étonnant. L'action publique a souvent réduit la question du travail à sa durée, à l'emploi et au salaire, renvoyant les conditions de travail à la négociation sociale. Aujourd'hui, ce schéma ne tient plus. Après l'affaire de l'amiante, l'émergence de la souffrance psychique interpelle désormais les politiques sur le contenu même du travail et les contraintes dans lesquelles il s'effectue. La société peut-elle laisser s'installer des emplois où les salariés ne se reconnaissent plus dans leur travail ? Le rapport des forces sociales étant ce qu'il est, il semble bien que la seule réponse politique soit de redéfinir une nouvelle gouvernance des entreprises, là où se jouent les marges de manoeuvre pour changer le travail. Davantage de démocratie et de droit d'expression dans l'entreprise, cela mérite en tout cas un débat public.

" Le monde politique est peu loquace sur le travail "

par Nathalie Quéruel / janvier 2012

Ancien ministre, maire, député et sénateur communiste, Jack Ralite vient de coorganiser un colloque sur le travail. Il déplore le peu de place accordée à cette question dans les débats et les réflexions de la classe politique française.

Avec Yves Clot, responsable de la chaire de psychologie du travail au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), et Alain Berthoz, professeur honoraire au Collège de France, vous avez organisé le 2 décembre au Sénat le colloque " Soigner le travail : un enjeu politique, scientifique et artistique ". Quel était le sens de cette journée ? Jack Ralite : Les recherches sur le travail, spécialement au Cnam, ont beaucoup avancé ces dernières années. On sort d'une traversée du désert, pendant laquelle beaucoup d'idées fantaisistes ont circulé, y compris celle de la fin du travail. Les ouvriers comme les cadres sont livrés au management financiarisé, qui empêche le travail bien fait, qui pille l'intelligence des uns et des autres sans qu'ils soient associés à la définition de ce qu'ils ...}}

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