L'un des rescapés de la catastrophe de Courrières, Romain Noiret (au dernier rang, deuxième à partir de la gauche), était atteint de sinistrose - © DR
L'un des rescapés de la catastrophe de Courrières, Romain Noiret (au dernier rang, deuxième à partir de la gauche), était atteint de sinistrose - © DR

La sinistrose, un trouble mental né de la loi de 1898

par Nathalie Crochepeyre ingénieure d'études au Centre d'histoire judiciaire et membre de l'équipe de recherches en droit social (université de Lille) / juillet 2018

A peine entrée en vigueur, la loi de 1898 sur les accidents du travail engendre une affection psychique, la sinistrose : des blessés, une fois guéris, se disent incapables de retravailler. Réalité ou simulation ? Le débat divise médecins et magistrats.

Difficile d'imaginer qu'un texte législatif puisse donner naissance à une maladie, se déclarant, qui plus est, chez ceux à qui il bénéficie. Tel est pourtant le cas de la loi qui instaure en 1898 le système d'indemnisation des accidents du travail, dont l'accès est dans un premier temps réservé aux seuls ouvriers de l'industrie. Au cours des années suivant sa mise en application, le Dr Edouard Brissaud (1852-1909) observe au cours de ses expertises que certains accidentés du travail présentent un trouble psychique atypique, qu'il baptise "sinistrose". En 1908, cet éminent neurologue parisien publie dans Le Concours médical, à l'adresse de ses confrères, un article décrivant ainsi le sinistrosé : celui-ci, certes guéri de ses blessures physiologiques, se trouve est dans "un état mental mo...}}

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